Trip de trois semaines aux Philippines

17 janvier 2017

Et c'est reparti pour l'aventure...à partir de dimanche 22 Janvier

Salut à toutes et à tous, vous mes fidèles lecteurs, voici mon nouveau blog pour le voyage que je m'aprête de démarrer sous peu, direction les Philippines, du 22 Janvier au 12 Février. 

Les billets sont achetés depuis seulement quelques jours, dès que j'ai eu confirmation de mes congés. Les vols de Montpellier via Amsterdam ayant augmenté les derniers jours, j'ai donc opté pour un départ de Paris Roissy Charles de Gaulle, CDG pour les intimes.

J'ai jeté mon dévolu sur Qatar Airways, une première pour moi, grande soeur de Emirates, qui transite par Doha au lieu de Dubaï. Les horaires sont ce qui m'a décidé car ils me permettent d'arriver de jour à Manille, 16h30 le lundi avec un tarif équivalent à Emirates (qui me faisait arriver à 22h30).

Je laisse ma voiture chez mes amis - et parents de ma fillleule Louise - Corinne et Michel, à Saussan, pour la durée de mon voyage. J'ai choisi, pour les horaires plus arrangeants, le TGV de Montpellier Saint Roch à Charles de Gaulle en à peine plus de 4h10, départ 7h du matin. J'ai 4h de battement avant mon vol ce qui me laisse une petite marge non négligeable.

Comme d'habitude j'ai envoyé quelques demandes de Couchsurfing pour mon arrivée dans la mégalopole philippine de Manille. En quelques jours et peu de demandes envoyées j'avais déjà deux réponses positives et un peut-être. Parfait, voilà ça de calé. 

J'ai contacté mon ami canadien Phil - rencontré à Cat Ba, au Vietnam - qui vit et travaille avec ses parents au sud de Manille. J'irai le visiter en début de voyage.

Pas de plan à l'avance mais je compte faire du snorkeling - plongée avec masque et tuba - et de la randonnée sur et autour des volcans. J'ai fait l'acquisition pour ce voyage d'une caméra d'action HD et d'accessoires (perche, flotteur, harnais,...) pour faire un peu à la manière d'un reporter de voyage et mémoriser tous ces moments magiques.

Voilà, j'essaierai de me tenir à la rédaction et à la publication en fonction de l'accès à internet 

Bonne lecture à tous et bon voyage.

Votre ami voyageur : Fabien, alias "Fafou", alias "Michelou"

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22 janvier 2017

En avant toute! Avec la SNCF et Qatar Airways

Dimanche 22 Janvier :

Après une nuit un peu agitée, stress pré-voyage oblige, et un bon café avec Corinne et Michel, je me rends à la gare de Montpellier Saint-Roch pour prendre mon TGV à destination de Charles de Gaulle.

C'est pas les voitures les plus récentes et le confort est sommaire. Pas de prises non plus, je rechargerais ma tablette pendant mon escale à l'aéroport.

Le train part pile à l'heure à 6h56 et prend tout doucement sa vitesse, plus faible jusqu'à Nîmes puis plus rapide le long de la vallée du Rhône. J'arrive à dormir un peu par vagues. Le train est réglé comme une horloge pour ce qui est du respect des horaires.

J'arrive à Charles de Gaulle peu après 11h. Je calcule pas tout de suite où est le terminal pour Qatar Airways et finis au bout du 2A à revenir vers le 2C pour prendre le CDG Val, un petit train qui rejoint le terminal 3 et le 1 d'où je dois partir.

Au bout d'une heure j'ai donc réussi à trouver mon terminal et déposer mon sac de voyage. Je passe au niveau inférieur et me fais un Mac Do tranquille. Je reprends ensuite ma marche vers la porte 36, passe la sécurité et me pose dans la zone d'attente d'embarquement. Le gros oiseau est déjà là avec sa posture imposante : un bel À 380 aux couleurs de Qatar Airways.

Je profite un peu du wifi de CDG et rédige un peu mon blog. Comme c'est un A380 l'embarquement démarre une bonne heure avant le départ. On part un peu après l'heure, vers 15h30, pour un vol très calme, sans aucunes  turbulences. Repas servi assez rapidement et correct. 

J'ai le temps de regarder trois films et quelques séries et ne cherche pas à dormir, vu l'heure française. Il est 23h35 heure locale quand j'arrive - deux heures décalage seulement en hiver - après un atterrissage un peu lourd, ce qui n'est pas rare avec l'A380, surtout quand t'es assis au niveau des ailes.

Passage un peu longuet au transfert desk et à la sécurité car beaucoup de vols arrivent en même temps. En même temps j'ai trois heures et demi alors ça va. Je chope une bouteille d'eau dans une petite boutique où je peux payer en pièces d'euros, c'est cool. 

Il semblerait que l'embarquement se fasse plus tôt que prévu du coup je vais pas tarder à m'y avancer.

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23 janvier 2017

Arrivée à Manille et première soirée consacrée au repos

Lundi 23 janvier : 

Le vol fut un peu moins long que prévu, à peine plus de 7h, pendant lesquelles le demi comprimé de somnifère a fait son taf. J'ai bien dormi malgré les turbulences pendant au moins cinq heures. 

Atterrissage moins bourrin que le précédent, malgré le long freinage qui s'en est suivi. Passage express à l'immigration sur ce vol plutôt rempli de locaux qui ont plus à faire la queue que nous finalement.

Je passe par l'habituel money changer afin de récupérer un peu de devise. J'en échange 190€ pour le moment à un bon taux de 52,75 pesos pour un euro. 

Je vais ensuite acheter une carte sim prépayée avec 500p de crédit de chez Smart et me la fais installer. Je vais ensuite faire la queue pour prendre un taxi avec compteur. Le yellow cab ne connaît pas trop le coin où habite mon couchsurfer et galère un peu pour trouver. 

Je croise les premiers Jeepneys, sortes de bus multicolores qui font du transport urbain et péri-urbain. C'est l'image même des Philippines. Je vois aussi les grands buildings du quartier d'affaires de Makati à l'horizon. La circulation est particulièrement dense et on avance péniblement.

Finalement avec un coup de fil à Nuki, mon couchsurfer, et les conseils de locaux on a fini par trouver. Il habite au 4e étage d'un immeuble avec plusieurs logements, assez spacieux et agréables. 

Il m'accueille avec un verre et prépare une plâtrée de pâtes avec de l'ail et des tomates. Je lui sors ma bouteille de Saint Chinian apportée pour mon premier couchsurfer et nous y goûtons. Ses pâtes sont délicieuses et ça me fait du bien mais en même temps, la digestion me rattrape et je redeviens rapidement fatigué et m'etends donc sur le canapé. 

Je m'excuse auprès de lui et de son ami Allemand passé le voir et commence à sommeiller, encore habillé et avec mes chaussettes de contention. Un peu plus tard un autre couchsurfer vietnamien arrive et s'installe sur une chauffeuse. Je dors maintenant à poings fermés et rattrape un peu mon manque de sommeil et remet l'horloge biologique à l'heure.

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24 janvier 2017

Premiers pas dans Manille et vol vers Cebu dans les Visayas

Mardi 24 janvier :

Le réglage de l'horloge biologique étant fait et le nombre d'heures de sommeil suffisant je suis debout assez tôt. Le temps de me décider à bouger, de prendre une douche et de boire un thé en compagnie de mon hôte et du couchsurfer vietnamien, je me lance à l'assaut des rues de Manille.

Je me rapproche du quartier d'affaires de Makati en suivant des rues plus populaires. Je dois me couvrir la bouche pour ne pas trop respirer les gaz d'échappement des Jeepneys nombreux.

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Je m'arrête dans une boulangerie pour acheter quelques pâtisseries au hasard et avance un peu plus loin dans une autre où je prends un café et un jus de fruits.

Je traîne un peu puis reprends la marche pour traverser le quartier d'affaires, levant la tête de temps en temps pour essayer de voir le haut des buildings. Je m'arrête dans un café, nommé "Café France", qui était sensé avoir le wifi mais qui l'avait en panne.

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Pas de chance car je pensais profiter du moment de répit pour regarder les billets pour Cebu. Je bois donc un vrai expresso - ça change un peu du café instantané de ce matin - et regarde avec la 3g comment retourner chez mon hôte.

Je continue mon chemin et passe poser mes affaires et repars avec la tablette et le téléphone pour acheter mon billet dans un cybercafé. J'en trouve un à une paire de blocs d'ici et achète mon billet de dernière minute  chez Cebu Pacific air, pour 17h et me fais imprimer le billet.

Par la même je réserve une chambre dans Cebu pour une vingtaine d'euros, dans un hôtel bien noté sur booking.com le Wellnessland Wholeness Center. Ensuite je m'arrête dans un restaurant proche et commande à emporter un plat de nouilles sautées au boeuf.

Je repasse par l'appartement pour prendre mes affaires et laisser un petit mot de remerciement à Nuki. Je descends un peu plus bas dans la rue pour héler un taxi. Le chauffeur est sympa et me donne une pomme de terre sautée et sucrée, très bonne.

Il m'amène à l'aéroport pour moins de 200p et assez rapidement malgré le trafic. Je passe par l'enregistrement de mon sac, assez rapide, puis vais me poser dans un restaurant pour manger mon plat. Je prends un jus d'ananas pour faire passer tout ça. Je passe ensuite la sécurité et rejoins la zone d'embarquement.

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Le vol est en retard, ce qui n'est pas inhabituel pour les compagnies low-cost ici. J'attends sagement et utilise la wifi pour avancer sur mon blog.

Le vol en A320 bien rempli, presque au maximum de ses 180 places, part finalement avec 45 minutes de retard. Le vol est calme et rapide, 1h15, et on atterrit proprement sur le tarmac. Pas de passerelle, on descend sur le tarmac et on rejoint le terminal en bus.

Je récupère mon sac assez vite et prends un taxi avec compteur à l'extérieur à qui je montre l'adresse de mon hôtel. On y arrive en une vingtaine de minutes. Je m'enregistre et pose mes affaires dans la chambre au 5e étage.

Je demande quelques conseils à l'accueil pour le bateau demain mais la jeune fille n'a pas l'air de trop savoir. Je pars dans le voisinage pour manger. Je trouve une petite cantine où je prends du riz et des petites brochettes arrosées d'une San Miguel - la meilleure bière du monde selon les Philippins - bien fraîche.

Au retour j'entends une banda dans la rue de mon hôtel et je m'arrête un moment pour les voir répéter avec les femmes faisant une chorégraphie. Ça semble être une répétition pour une fête religieuse vu les paroles.

Je retourne à l'hôtel et à ma chambre climatisée pour rédiger mon blog avec CNN Philippines en fond sonore. Je mets mon réveil pour me lever assez tôt pour prendre un bateau pour Bohol.
Je vais me coucher vers 23h30.

25 janvier 2017

Bateau jusqu'à Tagbilaran sur l'île de Bohol et visite de l'île en scooter

Mercredi 25 Janvier :

Levé aux aurores avec le chant des coqs, nombreux dans le voisinage, et d'un chien bien énervé aboyant à tue tête. Du coup j'en profite pour me préparer et libérer la chambre rapidement.

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J'attrape un taxi dans la rue principale pour me conduire à l'embarcadère des ferrys. Je vais pouvoir prendre celui de huit heures de la compagnie Ocean Jet.

Une fois mon billet en poche, je prends quelques pâtisseries pour le petit déjeuner et un jus d'orange ainsi que les fameux chips de couenne, chucharan pour grignoter pendant le voyage.

Je m'avance ensuite vers le terminal et attends patiemment. Le bateau a une demi-heure de retard et on passe le temps grâce à un groupe de musiciens aveugles qui jouent des standards Philippins.

J'ai eu une place qui va pas mal, sur le pont supérieur sur l'arrière du bateau du coup je suis à l'air et pendant un peu en plein soleil. Il y a deux bonnes heures de trajet. Le bateau fort bien rempli accoste vers 10h30 à Tagbilaran sur l'île de Bohol.

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Je marche à pied un moment et me renseigne dans une des rues chez les loueurs de scooter. Il fait chaud et le ciel est lumineux mais parsemé de nuages. Je finis par prendre un tricycle - sorte de side-car aménagé pour le transport en ville. Il m'amène au Nisa Travellers Hotel, un des hébergements bon marché du Lonely planet.

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Le personnel est super accueillant et je me fais monter une des seules chambres doubles avec salle de bains commune pour 850P. Je pose les sacs et bloque un moment sur la TV avec Cinemax et la fin d'Usual Suspects. Ensuite je laisse tourner la clim le temps d'aller me restaurer dans le quartier. En passant devant un étal de fruits j'achète une paire de mangues ultra mûres.

Je trouve une petite cantine où mangent quelques locaux. Il y a plein de savoureux Siopao, l'équivalent Philippin du Banh Bao Vietnamien - pain de riz fourré à la viande ou aux légumes cuit à la vapeur - et j'en prends trois, un peu de riz et une limonade. Je déguste mon bon repas puis retourne à l'hôtel.

Je déguste une de mes mangues puis demande à l'accueil pour avoir un scooter et ils viennent m'avertir lorsque il est prêt. Je remplis les papiers puis récupère mon engin, tout neuf, à peine plus de 1 500 km.

Passage par la case plein d'essence, un peu plus d'un litre manquant à pas plus de quatre-vingt centimes d'euros le litre. Je pars vers l'île de Panglao dont je fais le tour avec un petit arrêt pour voir la fameuse plage de sable blanc d'Alona.

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Avant de reprendre la route côtière du Sud je repasse par Tagbilaran et m'arrête à cause d'une soudaine averse de pluie. Un monsieur au bord de la route m'appelle pour venir me mettre à l'abri le temps que ça se calme. On discute un peu et il m'explique qu'il a vécu un moment à Roanne, il y a bien longtemps.

Je reprends la route en direction des Chocolate Hills, près de Carmen. Je longe un moment la côte avec des jolis points de vue qui donnent envie de piquer une tête.

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Petite bifurcation à gauche pour rentrer un peu dans les terres et changement de décor avec des plaines de rizières d'un vert vif.

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Plus on avance plus le relief apparaît et des petites collines arborées encadrent les jolies rizières. Après une route un peu plus sinueuse et la traversée d'une forêt épaisse, j'arrive enfin à la route qui grimpe la colline d'où on peut apercevoir les Chocolate Hills à 360°.

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On peut aussi voir une nouvelle averse qui s'avance rapidement et obscurcit quelque peu le paysage. Les collines sont particulièrement vertes même si on peut apercevoir la fameuse graminée qui la recouvre prendre sa teinte marron qui a donné son nom aux 1268 collines qui composent ce parc naturel.

Finalement je ne reçois que peu de pluie sur le chemin du retour mais roule une bonne partie de nuit avec son lot de moustiques écrasés par la vitesse sur la figure, surtout dans les plaines après Loboc. Au retour à Tagbilaran je m'arrête près de la cathédrale Saint Joseph Artisan et du parc devant elle où sont rassemblés des Philippins.

Je rentre dans la cathédrale, en pleine messe, et il y a foule en cette fin d'après-midi. L'intérieur est magnifique avec un plafond presque entièrement peint de fresques. Je me fais tout petit et sors pour rejoindre un restaurant tout proche, le Gardens Café, un restaurant type"dinner" américain avec des burgers, des frites, etc, servis et cuisinés par un personnel presque entièrement constitué de sourds et muets.

Je commande un burger et des "onion rings", beignets d'oignons, très bons. Je fais empaqueter le reste des beignets car l'assiette était trop copieuse. De retour à mon scooter je fais un petit arrêt par le Pier, la jetée, pour me renseigner sur les horaires pour rejoindre Siquijor. C'est foutu car il n'y a que trois traversées par semaine et la prochaine est donc samedi.

Je retourne à l'hôtel et gare ma monture en bas de celui-ci. Je reste un peu à la chambre à surfer sur Internet puis ai l'envie de ressortir en ville car je commençais à sombrer dans le sommeil. Je ramène une boisson et un Siopao marbré et fourré au chocolat.

Je mate un peu la TV sur Cinemax puis vais me coucher vers 23h15 avec le réveil à 6h pour pouvoir décoller au plus tôt pour la visite de demain matin.


26 janvier 2017

En scooter le matin jusqu'au Tarsier Sanctuary et reste de la journée autour de Tagbilaran

Jeudi 26 Janvier :

Lever encore aux aurores mais cette fois à cause de l'agitation à la fois à l'intérieur de l'hôtel et dans la rue de derrière. Je plonge la tête dans les coussins à partir de 5h pour au moins dormir jusqu'à 6h. Je file ensuite à la douche, et j'avais oublié que "hot water" c'était en fait une eau tempérée, chauffée dans des réserves sur le toit, à peine plus chaude que l'eau du réseau. Une fois habitué ça va.

Je file ensuite vers le patio où est servi le petit déjeuner continental qu'ils commencent à servir à partir de 6h30. Il y a déjà pas mal de monde malgré l'heure matinale. Il se compose d'une assiette avec trois toasts et du beurre, une petite omelette, quelques tranches de concombre, une assiette avec une tranchette de pastèque et thé vert ou café instantané. Moi je mange ma deuxième mangue pour compléter, et peu après 7h je descends récupérer mon scooter.

Je prends la direction du nord pour aller vers le sanctuaire philippin des tarsiers. Je trouve la route longue et m'arrête pour demander ma direction dans une boutique au bord de la route. Je me suis trompé de direction à la sortie de Tagbilaran et j'étais donc sur la route de Talibon, port au nord de Bohol. J'allume le GPS et la 3g sur le téléphone et essaie de suivre l'itinéraire. Je loupe un embranchement et pars de nouveau dans la mauvaise direction puis retrouve ma route enfin lorsque le GPS retrouve le signal.

La fin se fait par un petit chemin de terre un peu accidenté et on arrive à ce conservatoire / sanctuaire des tarsiers, espèce endémique de primate, le plus petit au monde. Capable de faire des bons de 5m et de tourner sa tête à presque 360°, il oriente aussi ses oreilles en fonction du son.

Tarsier filmé de près, Sanctuaire des Tarsiers, Bohol Island, Philippines

Mais ce sont ses yeux les plus marquants, des billes brunes et grosses en proportion. C'est une espèce en voie de disparition. Du coup le centre de conservation reste privé mais contient une zone qui se visite où six tarsiers font la joie des visiteurs.

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On balade dans un bout de jungle et un membre du personnel est présent pour indiquer aux visiteurs où se trouvent les tarsiers, cachés à l'ombre des frondaisons dans des arbustes bas. Heureusement qu'ils sont la car le primate fait une gosse quinzaines de centimètres et se cache puisqu'il est nocturne. Une occasion pour essayer mon action cam en mode photo, au bout de la perche.

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Je traîne un peu et essaie de prendre quelques clichés de plus puis retourne à mon scooter. Je prends à droite afin de ne pas revenir sur mes pas et redescendre sur Loboc. Je m'arrête au complexe touristique au bord de la rivière Lobok.

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La mécanique est très bien huilée : des bateaux / barges / restaurants remontent la rivière sur guère plus d'un kilomètre pendant lesquels les convives ont accès à un buffet à volonté bien garni, le tout avec un passage par un concert de femmes et filles au ukulélé avec danses traditionnelles.

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Un bon compromis pour moi après quelques heures de conduite où mes bras ont commencé à cramer : le traditionnel coup de soleil du conducteur de scooter, le meme que j'ai eu chaque année - demain ce sera manches longues! -. Le buffet était en effet de qualité et la balade agréable pour à peine 9€ c'est une petite excursion sympathique.

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Je repars vers 12h30 et essaie tant bien que mal de cacher un de mes bras du soleil sans risquer d'embrouiller ma conduite. Je fais une petite escale devant la cathédrale et vais prendre un peu le frais à l'intérieur. Je voulais finir de la voir puisque la veille c'était la messe et que je ne pouvais pas aller partout.

Je passe ensuite au port pour acheter mon billet pour Dumaguete sur l'île de Negros pour demain matin. Il y a beaucoup trop de monde aux guichets d'Ocean Jet, du coup un gars de la sécurité m'explique qu'on peut acheter des billets dans une épicerie en haut de la rue. Je m'y rends donc et suis un peu étonné du tarif, 700 pesos, pour la même durée de navigation que de Cebu à ici mais sur un trajet qui n'a lieu que deux fois par jour.

Je retourne à l'hôtel pour rendre mon scooter un quart d'heure avant l'heure. Je me pose et essaie de m'occuper un peu du blog pour lequel j'ai pris un peu de retard. Je regarde aussi les hôtels de Dumaguete et s'il y a des couchsurfers un peu actifs là-bas. Peine perdue, ils sont peu nombreux et peu sont actifs. Je finis par réserver un des hôtels conseillés par le Lonely Planet, le Vintage Inn, juste à côté du marché et à près de 400 mètres du Boulevard Rizal, le front de mer. Je poste ma journée d'hier sur le blog puis remets mes portable et tablette à charger.

Je décide de sortir à nouveau et essayer de rejoindre le bord de mer pour voir le coucher de soleil. Je décide de repartir à pied vers Panglao en essayant de prendre une route à droite, direction ouest. Je n'avais pas bien mémorisé la géographie de l'île et n'ai donc jamais rejoint la mer, prennant une jolie photo avec le fond orange feu d'après le coucher. Je retrouve donc la route principale après une bonne huitaine de kilomètres parcourus et rentre de nuit en prennant mon premier Jeepney, pas bondé, c'est le moins qu'on puisse dire, deux autres personnes faisant le trajet avec moi.

Au retour je traîne un peu dans un marché, puis retourne vers la cathédrale, bien décidé à tester les brochettes des quelques food stall près de l'entrée du parc. Le premier sert des brochettes de poisson recouvert de pâte à beignet qui sont ensuite frites. J'en goûte une en même temps que quelques marins en uniforme venus se restaurer.

Je passe dans le stand d'à côté pour découvrir les brochettes d'intestins de poulet, enfilés eux aussi sur une brochette, trempés dans de la pâte à beignets et frits. J'aime bien, ça passe bien, et c'est le stand où il y a le plus de monde, plein de petits jeunes philippins les achetant par poignées, à 3 pesos pièce, c'est le mets de rue pas cher. Avant de rentrer je rachète deux brochettes de poisson que je trempe une dans la sauce piquante, l'autre dans la sauce douce.

Une fois arrivé je pose mes affaires à une table dans le patio et emprunte une assiette pour disposer mes brochettes ainsi que mon reste de beignets d'oignons de la veille. Une charmante jeune fille me demande si elle peut s'installer pour manger sa soupe qu'elle a acheté à emporter. Je lui dis qu'elle peut me tenir compagnie avec plaisir. Elle est Hollandaise et voyage sur trois mois en Asie avec un choix de pays limité pour profiter au maximum : Philippines, Sri Lanka et Indonésie.

On parle un peu voyage et de ce qu'elle a déjà fait depuis trois semaines aux Philippines. Elle me conseille vraiment Banaue et ses rizières en étage, pour randonner et parce qu'il y a peu de touristes. Elle finit sa soupe et s'en va téléphoner au pays puis revient quelques temps plus tard et va s'enquérir des possibilités de visites organisées que proposent l'hôtel. Pendant ce temps je rédige ma journée d'aujourd'hui et finis vers 22h.

Je vais ensuite sauvegarder mes photos sur la tablette et essayer de créer mon album via l'application sans savoir si la wifi va me le permettre. J'irai me coucher pas trop tard et mettrai le réveil un peu plus tard demain vu que j'ai déjà mon billet et que je pars à 10h.

Finalement en allant me coucher je me suis arreté discuter avec un canadien qui regardait des épisodes de Rick and Morty sur son ordinateur. Je reste un bon moment à discuter avec lui de voyage et de ce que j'ai vu sur Bohol. Il me paye un coup de rhum Tanduay - le rhum local très ambré et caramélisé que l'on achète pour à peine plus de 3,50€ le litre - avec près de 40% d'alcool au compteur il carbure bien  meme s'il est un peu sucré.

Je vais du coup me coucher vers minuit après avoir réussi à mettre quelques photos en ligne sur l'album du blog.

27 janvier 2017

Changement d'île et de climat : de Bohol ensoleillé à Negros sous les nuages

Vendredi 27 Janvier :

Lever un peu avant huit heures et je file déjeuner. Je m'installe avec mon collègue Canadien qui s'est levé tôt pour partir visiter en scooter. Il le récupère un peu plus tard et rencontre lui aussi la belle Hollandaise qui en a demandé un aussi et lui propose d'aller rouler ensemble pour aller voir Loboc, les tarsiers puis les Chocolate Hills.

Avant de partir je la salue et lui souhaite un bon voyage et lui donne ainsi quelques conseils pour Lombok entre autres. Je finis aussi par lui demander son prenom, Lulia (Julia).

Je pars à pied et fais un peu de change dans un bureau pas très loin puis prends un tricycle pour rejoindre le port. Une fois là-bas, moi qui ne m'étais pas pressé plus que ça pour y aller, j'ai eu la stupeur de me rendre compte que malgré mon billet électronique il fallait quand même que je fasse la queue pour faire le check-in de mon billet, payer la taxe du port et faire enregistrer mon bagage.

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Du coup après avoir un peu joué des coudes et pris un bon coup de chaud, j'arrive juste à l'heure pour me placer dans le bateau. J'ai eu une place à l'envers de la marche avec plus de place pour les jambes cela dit. Le bateau part une bonne demi-heure après et met deux heures pour faire la traversée, un peu plus mouvementée que la précédente. En effet le temps est ici beaucoup plus nuageux et venteux.

Je prends un tricycle pour me rendre au Vintage Inn. Accueil glacial et pas d'accompagnement jusqu'à la chambre ou de bouteille d'eau de bienvenue. La chambre est propre et a sa salle de bains privative avec eau chaude et la télé. Je reste un petit moment à profiter de la climatisation un peu bruyante mais qui commence à tempérer la pièce tout en lisant le Lonely Planet, la télé allumée sur Disney Channel avec Spiderman 1 en fond sonore.

Je sais pas trop comment faire avec ce temps et me dis que ça ne vaudra vraiment pas le coup d'aller plonger avec cette lumière. Je descends donc faire un tour dans le marché central, en face de l'hôtel. Je m'arrête dans la première cantine que je trouve et m'installe en même temps que deux autres clientes.

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Je prends dans les gamelles proposées, du riz, une soupe, des boulettes et du sisig - un plat cuisiné à base de tête et de foie de porc, en sauce brune au soja et au calamansi, avec des légumes - et déguste ces nouveaux plats. J'entends que ça glousse derrière le comptoir et la cliente, qui m'avait déjà posé quelques questions, me demande mon âge. J'entends que ça fait bien rigoler derrière et un peu plus tard je commence à comprendre lorsque l'une d'elle vient me demander si je suis marié. Je suis bien content de cette agréable pause déjeuner et fixe dans la mémoire cet instant en prenant une photo de l'équipe avant de partir.

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Je continue ensuite mon tour dans le marché passant de corps de métiers à d'autres : cantines, bazars, fruits et légumes, herbes, poissons et viande. Je passe ensuite par la rue Santa Rosa où se trouvent les loueurs de motos et scooters. Je prends les renseignements puis rejoins le boulevard Rizal, le front de mer. Je le remonte et croise la police touristique qui patrouille en VTT.

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Ils se dirigent vers une partie du front de mer où plusieurs badauds se sont massés pour regarder un homme assis dans les rochers en contre bas, à moitié dans l'eau. Il est très éméché et baragouine on ne sait quoi et on a du mal à savoir s'il s'est échoué là ou s'il est tombé du mur de plus de trois mètres. La police n'y fait rien puis rigole et s'en va.

De l'autre côté je m'arrête dans un café tenu par un autrichien qui vend aussi des excursions de plongée sur l'île d'Apo. Je prends tous les renseignements ainsi qu'un tract d'un de ses amis à Dauin à qui je pourrais demander pour faire du snorkeling. Je m'installe en terrasse pour boire un jus frais de calamansi - le petit citron tout rond plein de propriétés qu'on consomme ici - puisque de toutes façons, vu le temps et l'heure, c'est mort pour entamer quoi que ce soit ce soir.

Je retourne ensuite vers le marché et fais quelques achats de nouveaux mets à déguster au dîner. J'achète, dans le désordre, une boule de riz emballées dans de la palme tressée, un gâteau de riz, un maquereau - je suis pas sur de la race de poisson - grillé et des drôles de bâtonnets de riz gluant au chocolat présentés dans de la feuille de banane.

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Je rentre ensuite à l'hôtel, traîne un peu un moment devant la télé puis ressors vers 20h pour aller finalement chercher mon scooter et pouvoir en profiter jusqu'à demain soir, en espérant qu'il ne pleuve pas trop, les prévisions n'étant pas bien engageantes. Je vais chez celui qui accepte de me louer avec seulement ma copie de passeport et pas l'originale. Le scooter a une plus de 30 000 Km mais a été plutôt bien entretenu et tout a l'air de fonctionner.

Je vais me balader un peu avec avant de rentrer et achète une boisson et une bière pour mon dîner. Je me pose sur une des tables dans la zone commune et sors toutes mes emplettes afin de les déguster. Je ne suis pas déçu d'aucun des choix bien que le gâteau de riz soit un peu estouffe-chrétien.

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Je passe ensuite une partie de la soirée à essayer d'étudier le Lonely pour voir quelles sont mes options si le temps reste vraiment mauvais et vers où je me dirige. Je regarde aussi les directions pour demain et vais me coucher vers un peu moins de 23h.

28 janvier 2017

Journée humide autour de Dumaguete en scooter ou comment rouler sous la pluie

Samedi 28 Janvier :
Lever à l'aube pour pouvoir partir vers le parc national de Twin Lakes, une trentaine de kilomètres plus au nord. Je pars donc vers 7h et fais un premier arrêt dans une boulangerie pour acheter quatre sortes de gâteaux différents.

Je suis la route côtière jusqu'à un peu avant San José et prends sur ma gauche la route de montagne qui grimpe jusqu'à ces fameux deux lacs. Il y a quelques petits hameaux le long de la route avec une vie rurale de tous les jours, des coqs, des cochons et des gamins qui jouent au basket, sport national Philippin.

J'arrive enfin là haut après une paire de raidillons ardus que le scooter a eu toutes les peines du monde à franchir. Je suis tout seul, pas l'ombre d'un touriste, seulement le personnel du parc. Je vais voir le premier lac puis prend la piste d'un kilomètre dans la forêt qui longe le bord du lac et accéder au second.

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Le sentier est surtout fait de grosses pierres qui sont mousseuses et humides car le brouillard sévit souvent ici. Il n'est d'ailleurs pas loin, accroché au pics rocheux surplombant le lac. Mis à part les moustiques nombreux et quelques jolis papillons, je rencontre aussi une variété d'orchidée endémique, rose clair, qui bénéficie des conditions climatiques idéales que j'ai évoqué précédemment.

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Il y a une tour de guet pour avoir un point de vue sur les deux lacs. J'y monte et regarde le paysage à 360°, toujours pas l'ombre d'un touriste. Je retourne ensuite à l'entre où j'ai laissé mon scooter puis vais me poser un instant dans le joli restaurant tout en vous sur pilotis pour prendre mon petit déjeuner. Je prends un thé et déguste les viennoiseries content de me rassasier après cette marche éprouvante sur ces cailloux glissants.

Je reprends ensuite la route et remarque une petite tendance à glisser de l'avant, y a moyen que j'ai crevé. En effet, je fais le dernier kilomètre à plat et trouve un réparateur non loin de l'embranchement pour la route principale.

J'assiste impressionné à la réparation de roue sans la démonter et l'application de la rustine par processus de vulcanisation, à l'ancienne. Un piston rempli d'huile enflammée, comprimé par une presse, reste en place le temps que la rustine ne fasse qu'un avec la chambre à air. Je peux repartir à peine 20 min après et pour seulement 30 pesos, soixante centimes d'euro.

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Je passe donc par Dumaguete à nouveau puis trouve la route de Valencia - encore un nom de ville espagnole après Sevilla sur Bohol - près de laquelle on peut visiter les chutes de Casaroro. À nouveau on emprunte une route assez raide jusqu'à l'entrée.

De là une escalier descend dans la gorge. Après 335 marches - c'est le monsieur du Lonely planet qui les à compté - on doit continuer en escaladant un peu car la passerelle en béton d'antan a été depuis emportée par les flots. Je finis pieds nus après avoir enlevé les chaussures pour traverser à guet une paire de fois et rejoins finalement la chute qui valait la peine de l'effort fourni.

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Elle tombe de près de 30 mètres et a un bon débit. Je reste un petit moment à contempler cette force de la nature. Il pleut un peu mais la couverture des arbres nous protège bien. Après un dernier effort pour remonter jusqu'à l'entrée, je retrouve mon scooter un peu mouillé. Je rentre vers Dumaguete et dois m'arrêter pour m'abriter un moment devant l'entrée d'un immeuble. Ce n'est plus de la petite plus mais une belle drache qui tombe.

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J'arrive à l'hôtel bien trempé, mets mon action cam à charger, me change et descends dans le marché pour aller me restaurer à ma petite cantine de référence, le LV Food Haus. J'y retrouve ma petite vendeuse qui s'occupe de moi et me fais toujours des yeux doux. Cette fois je prends du poulet et des nouilles sautées au foie de poulet.

Je retourne à l'hôtel et traîne un peu le temps que le temps veuille bien se calmer. Mais il pleut toujours et encore. Je regarde un peu la TV et consulte le Lonely planet puis me décide à reprendre la route lorsque la pluie n'était plus qu'un crachin. Il est plus de 17h et la luminosité baisse vite. J'arrive presque de nuit à Dauin au Dive Café chez John l'ami de l'Autrichien de Dumaguete Divers.

Je rencontre sa compagne qui me dit qu'ils peuvent me louer le matériel de snorkeling et que je peux partir directement de la plage de Dauin un peu plus bas. Je m'y rends et vais tremper les pieds. Je veux faire un essai avec ma caméra mais il fait presque nuit et ça ne donne rien. Je retourne au bar et bois une bière. John est au téléphone avec Andy et confirme avec lui un groupe de douze personnes pour une sortie snorkeling.

Avant de partir je lui demande quelques informations à propos de cette journée d'excursion et il me donne le prix 1650 pesos (à peu près 30€) avec le transport aller retour de Dumaguete à Dauin, le bateau, la location de l'équipement et le repas de midi. Je lui dis que ça m'intéresse mais que je n'ai plus de devises pour faire un acompte. Il me dit de voir ça avec Andy à Dumaguete.

Je reviens ensuite à Dumaguete pour rendre mon scooter une petite demi heure avant l'heure. Je vais donc retirer car à cette heure je ne trouve plus de bureaux de change. Je me rends ensuite chez Andy pour lui confirmer ma présence sur l'excursion de demain et lui payer l'acompte.

En revenant vers l'hôtel je m'arrête prendre quelques brochettes à un stand de rue et du poulet frit dans un autre. Je m'installe dans une petite gargote où la dame m'interpelle car elle se rappelle de moi cet après-midi lorsque j'ai fait le stock de Bod-Bod, ces bâtons de riz gluant au chocolat enroulés dans une feuille de banane.

Je lui prends une petite assiette de pâtes à la tomate et aux saucisses et elle me donne une assiette pour le reste de mes victuailles. Elle reste un peu avec moi pour discuter et je lui réponds avec plaisir.

Après ce bon repas je retourne à l'hôtel. Je regarde encore un peu la TV et vais me coucher tôt pour aller faire cette excursion de snorkeling, ramassage à 6h45 demain matin devant l'hôtel.

29 janvier 2017

Excursion de snorkeling à Apo Island, beau coup de soleil et bus jusqu'à Bacolod

Dimanche 29 Janvier :
Une fois douché et mon sac préparé je jette un coup d'œil par la fenêtre, ça a l'air toujours couvert. À l'accueil ils me mettent mon sac de côté et je sors et tombe nez a nez avec mon chauffeur. On va prendre deux autres hôtes chinois dans un autre hôtel puis on file à Dauin, au Dive Café de John. On y rencontre notre animateur Nicholas, Nick, un jeune anglais moniteur de plongée installé depuis deux mois ici.

Je prends un thé et déguste mes pâtisseries achetées hier soir pour l'occasion. On rejoint ensuite avec un fourgon la plage de Malapatay, port de départ pour l'île d'Apo. On monte sur le bangka - espèce de bateau pour le transport de personnes fabriqué sur la base d'un catamaran avec trois flotteurs et pas de voile mais un moteur à l'arrière - mon premier, et on attend le départ. Plus ça va, plus le ciel se dégage, on devrait avoir des conditions parfaites pour voir et filmer les fonds marins.

Il faut un peu moins d'une demi heure pour traverser. On pose l'ancre à une cinquantaine de mètres de la plage et c'est parti pour une heure de snorkeling. Le récif corallien est ici assez préservé et on peut voir déjà une belle variété de coraux mous, durs, et de divers poissons aux couleurs variées. J'aperçois même pour ma part un serpent de mer rayé bleu et noir.

Après cette première session on déplace le bateau d'une paire de centaines de mètres pour rejoindre un rivage un peu plus escarpé avec un peu moins de fréquentation. Le récif corallien y est beaucoup moins abîmé et la richesse d'espèces sous-marines plus importante. J'aperçois entre autres deux poissons Clown - Nemo quoi - et surtout nous rencontrons notre première tortue. On nage un bon moment avec tout en la filmant.

Avant de rebouger le bateau on prend notre déjeuner. Je suis visiblement le seul à avoir pris du poulet avec du riz, tous les autres dévorant un sandwich.

Il y a là une sacrée équipe de Philippins de Cebu et Manille en vacances qui boivent des bières et du whisky depuis le départ du bateau. Il y a aussi un Danois d'une cinquantaine d'années, deux espagnoles, la trentaine et un américain, ancien ranger du parc national de Yellowstone avec sa copine philippine juste majeure.

Vue du bateau avant la première session de snorkeling à Apo Island, Philippines

Pour la troisième plongée on va retourner vers le premier endroit car il y a trop de bateaux à contourner pour rejoindre le spot habituel. Nick nous dit d'aller juste à la limite de la zone protégée, délimitée par des bouées oranges car c'est là que les tortues peuvent être vues. Ce fut un bon conseil puisque nous n'en n'avons pas vu seulement une grosse mais deux ensemble. J'ai fini la batterie de ma caméra sur la grosse.

poursuite d'un tortue sortie snorkeling Apo Island, Philippines

Une fois remontés sur le bateau nous voilà sur le chemin du retour. Je me tiens à l'ombre car je sens que mon dos a du brûler. En même temps je ne m'attendais pas à avoir un temps aussi dégagé au vu de ce qu'étaient les prévisions. L'equipe de choc me paye une bière et je les remercie. On débarque sur la plage et on retrouve un chauffeur de Dumaguete Divers qui nous ramène moi et le couple chinois à nos hôtels respectifs.

Mon dos brûle, à l'hôtel je passe de la Biafine sur les mollets et le cou et le haut des épaules. Je reste un peu le temps de regarder sur internet les horaires de bus et d'avion. Je me décide à bouger et prends un tricycle jusqu'à la gare routière des bus Ceres Liner. Je saute dans un bus pour Bacolod dès mon arrivée au terminal.

Le trajet est assez long avec beaucoup d'arrêts pour prendre des gens ou en faire descendre. Du coup en étant parti à 16h30 je suis arrivé à 23h. J'avais repéré un hôtel dans la 11e rue mais quand on arrive là bas avec mon chauffeur de tricycle c'est malheureusement complet. On en trouve un plus loin dans la rue à 850 pesos la nuit, petit déjeuner compris. Je trouverai pas mieux ce soir de toutes façons et j'ai trop mal au dos pour continuer à chercher.

Je prends une bouteille d'eau d'un litre et m'installe dans la chambre. J'ai pas le cœur à me doucher maintenant car ça brûle alors je regarde un peu la télé et mets de la Biafine partout où ça brûle avant de me coucher vers 1h du matin.

30 janvier 2017

Journée de transports, bateau et bus, de l'île de Negros à l'île de Panay

Lundi 30 Janvier :

Je n'avais pas mis de réveil ce matin de manière à me reposer un maximum. La nuit a été mouvementée à cause de la douleur à chaque changement de position mais longue quand-même puisque j'émerge vers 9h30. J'enfile quelque chose et descends prendre mon petit déjeuner. Parmi les divers choix carnivores de la carte j'opte pour les saucisses locale et commande en plus de mon thé un jus frais de calamansi.

Je dévore tout ça car j'avais fait sauter le dîner hier soir et retourne à ma chambre. Je prends mon temps et me prends une douche fraîche pour calmer la brûlure. Je libère la chambre vers 13h et reste un peu dans le lobby profitant d'internet pour regarder les bus, bateaux et avions depuis Bacolod ou Iloilo sur Panay.

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Je prends ensuite un tricycle dans la rue jusqu'à la cathédrale et descends jusqu'au chapelet de restaurants locaux réunis sous l'appellation de Manokan country. Je me dois de tester la spécialité locale, le poulet inasal, mariné dans le citron et la sauce soja et cuit au barbecue.

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On sert aussi des huîtres, pour un euro l'assiette bien remplie, qu'ils passent à la vapeur.

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Tout est vraiment bon, ces huîtres sont un régal, vraiment charnues et goûteuses. Pareil pour le poulet avec un goût particulier différent des autres marinades. Je me fais un festin pour un peu plus de trois euros. Je repars à pied dans la rue pour rejoindre le port. J'achète un ananas déjà coupé et un peu plus loin dans la rue je demande conseil à deux messieurs - ils me parlent du titre de miss universe qui aurait été gagné par une française, lorsque je leur dis que je suis français - qui me disent qu'ils vont me déposer au port.

Ils font partie des fidèles d'une église et me donnent trois porte-clés de la forme de l'île de Negros avec une parole divine écrit dessus. Je les remercie beaucoup et suis là à temps pour attraper le ferry de 15h30. On embarque à l'heure pour une traversée de 1h10 à peine.

Une fois au port d'Iloilo je prends un taxi jusqu'à la gare routière flambant neuve des bus Ceres Liner, éloignée de la ville. À nouveau j'arrive à temps pour sauter dans un bus pour Roxas qui doit mettre trois heures. Les routes sont un peu merdiques et j'ai même du mal à écrire sur la tablette tellement ça saute.

Une fois à destination je prends un tricycle jusqu'à l'hôtel Halaran Plazza. Seul hôtel que j'ai appelé ayant de la disponibilité : une seule chambre triple, climatisée mais avec douche douche froide, à 1000  pesos. Décidément il est difficile et assez cher de se loger ici, rien en dessous de 13€ la nuit presque partout, 20€ le plus souvent. Ça a considérablement bouffé mon budget déjà bien entamé par le coût du transport.

Je sors en ville pour trouver à manger. Je trouve une petite cantine qui sert un plat de poulet dans un bouillon, un peu épicé, avec du riz. C'est bon mais c'est surtout des morceaux avec beaucoup d'os.

En revenant vers la cathédrale je m'arrête dans une pharmacie et achète de l'advil, un anti-inflammatoire non stéroïdien qui peut être pris lors d'un coup de soleil.

Je retourne à l'hôtel et passe un moment dans le petit salon à utiliser la wifi pour poster deux jours de mon blog. Je me prends ensuite une douche froide avant de me coucher pour calmer la brûlure de mon coup de soleil. Je vais me coucher vers 23h30 et mets le réveil pour 6h30 pour rejoindre le port assez tôt direction l'île de Sibuyan.

31 janvier 2017

En Bangka de Roxas à l'île de Sibuyan puis une fin de journée tranquille avec un magnifique coucher de soleil

Mardi 31 Janvier :

Je suis réveillé bien avant l'heure prévue à cause d'un trafic intense ici depuis presque 5h du matin. Le bruit de certains tricycles arrive à faire trembler les fenêtres et me réveillent à plusieurs reprises. Du coup vers 6h je file à la douche puis remets une couche de Biafine et de baume du tigre là où ça brûle encore.

Je marche à pied dans le boulevard et passe par un bureau de change pour changer 150€. Puis je m'arrête faire le plein de pâtisseries pour le petit déjeuner. Je prends un tricycle jusqu'au port et monte dans un bangka pour l'île de Sibuyan. Il ne part qu'à 9h normalement alors j'ai le temps pour m'installer. Il fait une petite averse pendant un moment. Les gars qui chargent le bateau - j'ai pu voir, dans le désordre, du contreplaqué, des sacs de 50 kg d'engrais, des palmes tressées pour les toits, de la ferraille, des tubercules, du riz et j'en passe - viennent continuer de remplir la cale.

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Je monte à l'étage au dessus, en escaladant et j'attends patiemment que l'on puisse enfin partir. J'en profite pour rédiger mon blog, hors-ligne, jusqu'à ce matin.

On démarre finalement vers 10h30, après le contrôle des gardes côtes, habillés couleur treillis avec un bob de la même couleur. Je suis assis sur des palmes tressées pour les toits. Il n'y a pas trop de vagues et la traversée est plutôt calme, le bangka avançant à vitesse modérée. Je suis au milieu de familles de Philippins, certains avec des enfants, qu'ils arrivent à faire dormir tant bien que mal au sol malgré la température.

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La traversée sur au final cinq heures et nous débarquons au port d'azgra, commune de San Fernando, un quai à trois kilomètres du village. Du coup je dois prendre un tricycle pour rejoindre le Sea Breeze Inn, le seul hôtel référencé sur le Lonely planet. Ce petit hôtel tout en bois et bambou est vraiment les pieds dans l'eau.

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C'est la maman de 85 ans qui m'accueille et me montre une paire de chambres. J'opte pour celle avec une meilleure literie malgré qu'elle n'aie pas sa propre salle de bains. Elle me fait un prix à 600 pesos par nuit pour deux nuits. Vu l'éloignement de tout et le calme ambiant sans quasiment aucun touristes, je pense que je vais aimer rester là deux jours.

Elle me donne quelques conseils pour les bateaux à destination de Masbate (le prochain est seulement vendredi) et Batangas où je dois rejoindre mon ami canadien Phil. Elle m'indique aussi un petit bar restaurant sur la plage à une cinquantaine de mètres. Je m'installe un moment en terrasse et vais saluer une cliente Polonaise, ma voisine de chambre.

Elle m'explique qu'ils ont loupé leur bateau pour Masbate ce matin car ils venaient en Jeepney depuis l'autre côté de la ville, et sont arrivés trop tard de vingt minutes. Du coup ils ont pris une chambre ici et partiront pour Roxas demain matin. Elle me montre un peu ses photos de ce qu'ils ont visité lorsqu'ils logeaient sur Magdiwang.

Je rencontre ensuite son compagnon Lukasz et nous discutions un peu plus. Je les abandonne un petit moment pour retourner à ma chambre puis les retrouve ensuite au bar restaurant lorsque je m'y rends pour manger quelque chose. Je suis pas très stable à cause du bateau qui a déréglé mon oreille interne, j'ai toujours l'impression de tanguer.

Je m'installe avec eux et commande un riz frit car c'est vraiment peu cher et ça me calera un peu le bide. Je teste aussi la bière aromatisée de chez San Miguel, au citron. Elles sont plus légères, seulement 3% d'alcool, et l'arôme est subtil sans trop de sucré non plus, vraiment rafraîchissant.

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On reste à discuter un bon moment, de sujets divers, et de mes conseils de voyages s'ils vont un jour au Vietnam ou en Malaisie. On fait une séance photo pour le coucher de soleil qui est mon premier du voyage et un de mes meilleurs depuis un moment. Il n'y avait pas de nuages sur la mer les beaucoup au dessus ce qui fait qu'ils reflètent la couleur orange, c'est magnifique.

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La nuit tombe vite et on a une petite coupure de courant qui dure finalement à peine cinq minutes. Il semble qu'au loin il y ait des éclairs et on entend une paire de fois le tonnerre. On se rend compte qu'il n'est même pas encore 20h mais nous rentrons quand même à l'hôtel au moment où le vent se levait.

On retrouve la mamie devant la télé et son fils attablé à l'arrière avec le couple de français partis en excursion sur l'îlot de Cresta de Gallo, un îlot sableux de sable blanc, au large, autour duquel ils ont fait du snorkeling avec leur propre équipement. Ils sont de l'île d'Oléron et au début de leur voyage visiblement, ils ont dit Manille et sont arrivés ici après Romblon pour connecter les autres îles en bateau jusqu'à Sirgao, à l'est de Mindanao, où ils veulent aller faire du surf.

Le fils de la petite mamie les a accompagné une partie de la journée et leur a préparé à manger du poisson frais qu'il a été acheter. Ils me disent de goûter au poisson volant - j'en avait vu pendant la traversée, volant sur plusieurs mètres avant de replonger - cru et mariné avec du citron (calamansi), du vinaigre, de l'ail et des oignons rouges. J'adore vraiment, c'est très fin avec une texture agréable en bouche.

Les Polonais vont se coucher quand il se met à pleuvoir puis les Français aussi et je me retrouve avec John, le fils de la tenancière, à boire du brandy, déjà léger en alcool, qu'ils coupent quand même avec de l'eau. Il me propose de me trimballer demain et je lui dis qu'avec mon coup de soleil je vais peut-être essayer de rester tranquille et de profiter du calme ambiant.

Il me propose de me cuisiner quelque chose demain soir et qu'il s'occupera d'aller faire le marché pour le dîner. Je reconnais bien là la légendaire hospitalité philippine, où pour la première fois dans un hôtel je suis traité comme un membre de la famille.

Il me raconte qu'il est divorcé et que sa femme et son fils de 21 ans sont au Canada. Il me demande ce que je veux faire par ici et dans le reste des Philippines et met une chaîne de cinéma lorsque sa mère va se coucher. On regarde deux morceaux de films dont un avec Dwayne Johnson, mais aussi Bob Thornton, un acteur que j'aime bien, puis un autre à l'eau de rose, si on peut dire, puisqu'il s'appelle Love Rosie.

Je l'abandonne vers 23h et vais me coucher tout de suite, sans réveil, espérant réussir à faire une grasse matinée.

01 février 2017

Découverte de San Fernando et de ses alentours sur Sibuyan et repas en famille

Mercredi 1er Février :

Malheureusement c'est la douleur qui me réveille et la lumière qui rentre dans la chambre, vers 7h30. Le peu de temps où j'ai essayé de rester sur le dos certaines de mes cloques se sont ouvertes et j'ai tâché les draps. Il va peut-être falloir que je consulte pour au moins me traiter la zone que je ne peux pas traiter moi-même, entre les omoplates.

Je reste d'abord une bonne heure au frais de la clim et irai essayer de prendre une douche froide espérant que ça calme un peu le feu et demanderai au gens de l'hôtel s'ils connaissent un médecin où un dispensaire. Ils me disent qu'il n'y a pas vraiment besoin, que ça va s'arranger et se proposent de m'appliquer la Biafine aux endroits que je ne peux pas atteindre moi-même.

Je bois un cappuccino instantané et leur demande ensuite s'ils savent où est ce que je peux faire un peu de lessive. Ils me disent qu'ils peuvent m'appeler quelqu'un qui viendra me la faire ici. Je leur donne mon baluchon de linge sale puis vais me doucher. Pas vraiment d'eau courante du coup c'est de l'eau dans des grosses bassines et un brau pour se la verser dessus.

Quand j'ai terminé je sors et la mamie s'occupe de me passer la crème. Je finis dans ma chambre par les zones auxquelles je peux accéder facilement ne lésinant pas sur la couche. Ma brûlure est quand-même importante puisque mon dos ressemble comme si j'avais la chair de poule sauf que ce sont des toutes petites cloques.

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Je passe mon t-shirt à manches longues et sors pour rejoindre le village et essayer de trouver de l'Internet. Malheureusement pour moi les quelques boutiques m'indiquent que soit ils n'en n'ont pas, soit c'est tellement faible que ça ne marche pas. Je prends une bouteille d'eau et une paire de pâtisseries pour avaler mes cachets pour la douleur.

Je retourne à l'hôtel Sea Breeze qui me demande à nouveau ce que je veux faire. Je lui dis que cet après-midi serait bien pour aller balader un forêt le long de la rivière comme ça je serai au moins un peu à couvert. Je lui donne quelques sous pour mettre de l'essence et nous irons, du le temps le permet, après le déjeuner.

Pour ma part je vais me balader sur la plage sur une paire de kilomètres et ramasse quelques coquillages et morceaux de corail. Je croise une jeune fille qui porte un énorme poisson dans une main, par la queue, et quelques-uns plus petits dans un sac dans l'autre main.

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Un peu plus tard, au moment de croiser une rivière un peu plus large, je tombe nez à nez avec un buffle, en train de baigner entièrement dans l'eau, juste sa tête sortant de celle-ci.

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Je rentre dans les terres et trouve quelques maisons, des cochons, des chiens et des poules courant sur le riz en train de sécher sur une bâche. Et surtout je découvre une très jolie zone de rizières d'un vert détonnant. Je me promène un peu au milieu de cet celle-ci en marchant sur un des passages en terre glaise.

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Je retourne ensuite par la mer et entre à nouveau dans les arbres pour retrouver la rue qui mène à l'hôtel. Je file tout droit au Benj's Place, le bar restaurant d'hier soir. Je commande un banana shake et un chicken silog, du poulet frit façon Philippines servi avec du riz frit et un oeuf. Il se met à pleuvoir, une bonne averse, et je reste à discuter un peu avec le patron du restaurant qui me dit qu'avant la fin de l'année il devrait pouvoir ouvrir sa chambre d'hôtes, juste en face.

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J'attends que l'averse de calme un peu et retourne à l'hôtel. La mamie me dit être désolée pour mon linge qui était presque sec et qu'elle n'a pas pu décrocher avant la pluie car elle s'était assoupie. C'est pas bien grave, à la vitesse où le temps change ici, il a sûrement le temps d'être de nouveau sec avant ce soir. D'ailleurs, avant d'aller me mettre un peu au frais dans ma chambre, le soleil repointait déjà son nez.

On attend que le temps se calme un peu puis John et moi partons en tricycle, le sien, jusqu'à la rivière Candingas. Ils ont en gros fait une retenue d'eau sur la rivière et on, à une époque, rajouté des activités comme des tyroliennes et des plongeoirs à différentes hauteurs. Aujourd'hui les tyroliennes sont rouillées et le plongeoir est décrépi. On peut cependant se baigner, même si le courant est assez fort.

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Je m'y mets assez vite car la fraîcheur fait du bien à mon coup de soleil et y reste un bon moment. Il y a quelques gamins qui s'amusent à sauter de la falaise puis d'un des plongeoirs à sept mètres. On repart une grosse demi heure plus tard, sous un ciel qui s'assombrit à nouveau. On s'arrête dans un des barangay - bourgs - pour acheter du poisson frais : un peu plus d'un kilo de poisson volant pour même pas 1,50€.

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On arrive à l'hôtel sous les premières gouttes d'une nouvelle averse bien dense cette fois, venant de la montagne. Tan pis pour mon linge qui va se tremper à nouveau. Un des petits-enfants de la mamie regarde la télé et zappe entre Avatar et une série éducative. John, lui, est en cuisine, en train de préparer le poisson comme hier, cru et mariné dans le citron, avec de l'ail, du piment, des oignons rouges.

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La pluie continue et on continue de regarder Avatar tranquillement. Quand le film finit il est presque l'heure de dîner. John m'appelle pour les rejoindre lui et sa mère à la table familiale. Ils ont préparé du riz et ont été acheté d'autres plats cuisinés : une recette au porc en sauce rouge un peu sucré avec des patates douces, une recette de couennes de porc en sauce blanche avec de la noix de coco, vraiment savoureux, de la salade de jack fruit, préparé salé avec des petits poissons de friture, et quelques nouilles sautées.

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Je me fais deux belles assiettes et me régale de toutes ces nouvelles saveurs et senteurs. Je demande à la mamie si ça la dérange pas que j'emporte un peu de poisson cru pour mon déjeuner de demain sur le bateau, elle s'en occupera pour le le donner en partant. On discute un peu de ses ancêtres et elle m'explique qu'ils ont toujours vécu sur l'île et que son arrière grand-père avait été le premier maire d'une des communes de l'île.

Je vais ensuite récupérer mon linge pour l'étendre à l'abri sous le balcon. Il n'est pas si humide que ça et je pense qu'il sera sec demain. Je me pose un peu devant la télé avec John puis vais nous chercher une bière chez Benj's Place. Une Red Horse, je n'avais pas encore goûté, bière un peu plus forte, à 6,9%, et pas chère 50 pesos le demi litre.

On la déguste en regardant un reportage sur un magicien / show Man / chercheur de records, David Blain, du je me souviens bien, qui a vécu 44 jours dans une cage de verre à Londres, suspendue dans les airs, sans manger, juste à boire, et qui a battu le record d'apnée à l'O2 pur, plus de 17 minutes.

John va ensuite se coucher suivi de près par sa mère et je reste à discuter et regarder la télé avec le neveu de John, 19 ans, basketteur. On regarde Tomorrowland, film de science fiction avec Hugh Laurie et George Clooney. Je traîne jusqu'à la fin du film puis vais me coucher vers 23h.

02 février 2017

De l'île de Sibuyan à l'île de Romblon

Jeudi 2 Février :

Je me lève une première fois un peu avant 7h mais essaie de me recoucher pour arriver jusqu'à 8h. La douleur est un peu plus faible ce matin mais je ne peux toujours pas porter mes sacs à dos sans que ça me fasse mal. Je récupère ma lessive qui est bien sèche.

Je me prépare un thé au gingembre en instantané, mais local, fait sur l'île, très parfumé et vivifiant. Je regarde la mer calme et le temps plutôt dégagé de ce matin. Je paye mon dû et vais me débarbouiller et faire mon sac. Quand je sors vers 9h, John est prêt pour décoller en tricycle.

La route jusqu'à Cajidiocan est à moitié finie et je dois me contorsionner pour ne pas faire toucher mon dos sur le siège et réveiller mes brûlures. On arrive là bas en 45 minutes. Je salue John, pose mes sacs, achète mon billet et vais faire un tour en ville pour trouver de l'eau. J'achète aussi quelques bananes, deux morceaux de gâteau de riz à la coco, pour ce matin et une brochette de patate douce pour accompagner mon déjeuner.

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On monte dans le ferry vers 10h30 pour un départ vers 11h. Le premier niveau du ferry, au dessus des voitures, est composé de banquettes superposées car le même bateau poursuit sa route jusqu'à Batangas et qui est en partie de nuit, départ 18h, arrivée vers 4h du matin. Je me pose sur l'une d'elles inoccupée et passe la première heure à rédiger mon blog hors-ligne pour être à jour et poster dès que j'ai internet à nouveau.

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Je fais ensuite un joli petit somme d'une heure. Le bateau progresse très lentement et nous sommes passés à la face Nord de l'île de Sibuyan. Vu qu'il est presque 13h je fais mon déjeuner en sortant ma boite en plastique de glace dans laquelle la mamie m'a mis mon poisson volant cru mariné et une bonne portion de riz qui devrait me caler jusqu'à la fin de la journée. Je mange aussi la moitié de ma brochette de patate douce et une banane.

Je vais me chercher un café un peu plus tard et attend patiemment l'arrivée à Romblon. Le village est particulièrement joli vu de la mer et plusieurs îles isolées et peu habitées sont à quelques minutes de bangka. On arrive après quatre heures de traversée et le débarquement est assez rapide.

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La ville n'est pas très étendue mais pourtant je n'arrive pas à trouver un des hôtels. Il fait très chaud, le coup de soleil m'empèche de porter mon sac sur le dos et je trouve finalement un hôtel, tenu par un philippin mais appartenant à un français. Il me fait un tarif à 700 pesos la double climatisée. C'est très propre et j'arrive à avoir une chambre sur l'arrière, plus calme.

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Je me pose et pars ensuite à pied pour aller voir la Bon Bon Beach, avec son nom sympa. Elle est à un peu plus de 2,5 km de marche d'ici. Pour la rejoindre je passe par des quartiers populaires et ruraux où les gens m'interpellent pour les prendre en photo, tous très contents et souriants.

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Après une bonne demi-heure de marche et une petite piste en forêt, j'arrive enfin à la plage où quelques gamins se promènent.

Je suis très vite seul et fais trempette une dizaine de minutes ce qui atténue la douleur de mon coup de soleil qui est passé à l'étape des cloques sur la périphérie de celui-ci. Je rejoins la route en faisant une bonne marche sur la plage. Le vent s'est levé et on sent  quelques gouttes qui sont promenées dans son sillage.

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Je chope ensuite un tricycle pour rentrer en ville à l'hôtel. Arrivé là-bas je file à la douche, froide bien sûr, et nettoie le sel tout en refroidissant mon dos. Je me change donc et retourne en ville dans l'espoir de trouver un point internet. Avant d'en trouver un je fais un petit détour par un marchand d'objets en marbre de Romblon et fais quelques emplettes.

Je trouve mon petit magasin internet et attends qu'un poste se libère. J'emprunte un lecteur de carte pour pouvoir faire un copier-coller de mon document texte du blog hors-ligne. L'internet fait penser à celui qu'on avait à la fin des années 90's, en 56 kb/s, pas guère plus rapide. Heureusement le volume de données est faible car c'est du texte du coup j'arrive à publier trois jours d'un coup et joindre mon collègue canadien Phil.

Je me rends compte que j'ai mal recopié son numéro de téléphone et qu'il n'a donc pas pu recevoir mon message d'hier. Lorsque le magasin ferme, vers 20h30, je lui donne un coup de fil et on met un peu les choses au point pour samedi.

Sur le retour j'essaie de trouver un restaurant encore ouvert mais c'est compliqué. Je m'arrête à une cantine où je prends une bière et du riz puis traverse la rue et prends deux brochettes de porc et une de tripes. Les brochettes sont délicieuses, leur marinade tout juste épicée et sucrée.

Je rentre vers 21h30 à l'hôtel et finis de rédiger hors ligne cette journée d'aujourd'hui. Je vais essayer de me coucher plus tôt ce soir, vers 22h.

03 février 2017

De Romblon à Batangas : journée dédiée à la navigation

Vendredi 3 Février :

J'arrive à aller jusqu'au réveil, à 7h45, surtout grâce au fait que la chambre ne donne pas sur la rue. Ça me fait une belle nuit de repos, presque dix heures. Je traîne un peu à faire de la lecture pour commencer à réfléchir à mon itinéraire dans le Nord.

Je m'en vais ensuite pour acheter mon billet tant qu'il n'y a pas trop de monde. Le ferry part bien à 13h pour arriver à Batangas à 4h du matin, soit 15h de trajet. Ça s'explique surtout par la non linéarité de l'itinéraire puisqu'il va d'abord à Odiongan, sur l'île de Tablas, puis remonte vers le Nord. Le tarif est le plus cher que j'ai dépensé jusqu'à maintenant 954 pesos, presque 20€.

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Je vais ensuite jeter un coup d'œil aux autres artisans marbriers et m'arrête dans un petit resto pour le petit déjeuner. Je goûte au fameux Halo-Halo, mélange de fruits en conserve, maïs, noix de coco, haricots rouges, divers puddings et de la glace pilée au lait. C'est nourrissant et pas mauvais mais pas aussi bon que son équivalent Malaisien.

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Je passe ensuite par le marché et m'achète quelques pâtisseries que je n'avais pas goûté jusque là. Je passe ensuite par le magasin d'informatique pour régler mon dû, il me manquait 11 pesos hier, et poste un jour de plus de mon blog et fait imprimer un plan de la sortie de voie rapide et du quartier à Phil près de Santo Tomas avec les quelques informations qu'il m'a donné.

Ensuite je vais marcher dans le coin pour trouver une pharmacie et racheter des cachets d'ibuprofène et du paracétamol. Je trouve une boutique de génériques et achète une tablette d'ibuprofène à 100 mg et du paracétamol en 500 mg.

Ensuite je me promène dans la ville et monte jusqu'au fort en ruine d'où on a un joli point de vue au dessus de la ville. La montée est en train d'être améliorée et les arbustes en train d'être taillés.

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La vue est en effet jolie d'ici et on peut voir certains endroits avec de l'eau turquoise où la hauteur d'eau est plus faible.

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Je retourne ensuite vers l'hôtel car il est bientôt midi et il me faut encore faire mon sac et me doucher. Une fois prêt je m'avance vers le port, achète quelques Siopao pour le voyage et m'avance vers la zone d'embarquement. Je trouve ma place rapidement au deuxième étage du ferry et pose mes sacs.

Le bateau part seulement vers 13h30. Après avoir un peu déjeuner, je m'installe sur la couchette et m'endors presque instantanément. Sur cette première partie de trajet jusqu'à Odiongan, qui dure environ trois heures je dors presque deux heures et demie, en deux temps.

Le temps qu'on reste pour faire rentrer de nouveaux passagers je suis assis sur le banc à côté de ma banquette et une jeune fille de Romblon, la vingtaine, discute un bon moment avec moi, me posant quelques questions personnelles et sur mon voyage.

Un peu plus tard je la retrouve qui s'est installée dans une couchette non loin de la mienne. Je poursuis mes phases de sommeil tant que je le peux et parce que je vais arriver très tôt le matin. Je dîne un moment et fais quelques photos vers l'heure du coucher du soleil mais il pleut tellement partout aux alentours que il n'y a guère à voir.

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Je continue à dormir par périodes de deux heures et n'ai pas très chaud avec cette brise marine et le vent omniprésent.

04 février 2017

Arrivée chez Phil et Alan à Santo Tomas et balade près du lac Taal

Samedi 4 Février :

Je fais une petite dernière phrase de sommeil et suis éveillé pour la dernière heure de navigation. Nous accostons vers 3h30. Le temps que tout le monde descende et que je rejoigne le terminal de bus il est presque déjà 4h et j'ai la chance d'attraper un bus pour Santo Tomas, le seul jusqu'à 8h.

Du coup moins d'une heure après je suis à l'entrée du complexe de résidences industrielles, Light Industry and Science Park 3, où Phil a sa résidence. Comme il n'est que 5h je ne lui envoie pas encore de message et reste, après avoir demandé au garde, dans le bureau de sécurité au portail d'entrée.

Je reste assis sur une chaise et de temps en temps je sommeille. Vers 7h j'envoie mon message. Phil me dit qu'il est réveillé depuis 5h30 et m'envoie un de ses chauffeurs de tricycle électrique.

Je me fais donc expliquer dans la foulée ce qu'est son business avec son frère : ils ont donc une flotte de tricycles électriques, quatre dont un en maintenance, qu'ils ont fait fabriquer en Chine et qui fonctionnent avec des batteries 12V des Philippines, cinq dans chaque véhicule. Ils s'occupent donc de déplacer les habitants de cette zone résidentielle pour une somme modique de 10 pesos avec trois chauffeurs qui couvrent une période de 5h30 du matin à 21h.

Phil était en train de préparer son petit déjeuner avec du riz et du thon asado, préparé en sauce. Il m'en sers donc une assiette et il m'explique un peu plus son business avec son frère. Je sais maintenant que les parents sont divorcés et que le père vit avec une fille des Philippines à Hong Kong.

Je rencontre un peu plus tard Alan, son frère donc, qui se lève toute la semaine à 5h30 pour pouvoir fournir les batteries quand elles se vident et maintenir la flotte tournante aux heures de pointe. C'est pour ça que le week-end c'est Phil qui se lève tôt.

Phil me fait découvrir le café des Philippines, kapeng - le café - Barako. Il a une cafetière turque - que les anglais appellent d'ailleurs cafetière française - un vrai plaisir et un délice pour mes papilles fatiguées du café instantané. De plus il est assez corsé malgré qu'il n'en ai pas mis une grosse quantité.

Un peu plus tard j'accompagne Phil au marché. À l'angle de la rue on prend un beignet tout chaud à la patate douce, de la pure énergie, sucrée juste comme il faut. On a fait aussi un arrêt dans une épicerie ou j'achète une recharge pour le mobile. Phil m'aide avec les promos sur l'Internet et la recharge me permet de débloquer 1 Go de données.

Au marché Phil doit faire le plein de fruits et de légumes et acheter des choses pour son frère. On commence par acheter le café, dans les 5€ le kilo, moulu sous nos yeux. Puis j'achète du jus de coco en bouteille et gros quelques photos. Ensuite Phil m'explique comment me rendre à Talisay, près du Lac Taal.

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Je le laisse donc et commence à marcher vers la rue où je dois prendre un Jeepney. Je marche un peu mais on est sur les coups de midi et il fait bien chaud. Je loupe l'endroit des Jeepneys pensant en prendre un directement sur la route. Au final un tricycle me ramène vers la gare de départ des Jeepneys.

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Je m'arrête donc un petit moment à Talisay après ma course en Jeepney. Je me pose au bord du lac et achète des beignets d'œufs de caille, mes premiers. Je déguste à l'ombre mes œufs et un Siopao acheté plus tôt à l'épicerie.

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On peut voir l'île volcan Taal sur la droite mais le temps est fumeux. Ici des rabatteurs essaient de vendre des traversées en bateau pour rejoindre le volcan mais c'est prohibitif, presque 40€ si t'es tout seul sur le bateau.

Je remonte ensuite vers la route principale et traverse un petit marché. Je cherche quelque chose qui ressemblerait de près ou de loin à un foulard où une écharpe que je puisse jouer sur la tête afin que je puisse utiliser le buff pour me protéger de la pollution.

Je finis par trouver mon bonheur dans une boutique le long de la route, plutôt un foulard, de couleur bleue et léger et utilise le miroir du magasin pour me le nouer en turban. Je repars ainsi à la recherche des Jeepneys pour Tagaytay, une ville un peu en hauteur, sur une crête surplombant le volcan, avec donc une meilleure vue. Un tricycle m'y amène et je rencontre deux Français et un couple de québécois qui attendent avec une locale sur le Jeepney se remplisse.

On finit par partir en payant une course de 60 pesos, qui les vaut bien cela dit car ça monte sévère et l'engin pétarade fort, obligé de passer la première à certains moments. Ça fume sévère aussi mais on arrive quand-même à destination. Je remonte la pente jusqu'à un premier point de vue un peu plus plongeant soit, mais le temps est toujours couvert et la visibilité faible.

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À un deuxième point de vue un peu plus haut je m'arrête dans un bar et bois mon deuxième vrai café de la journée que je demande glacé. Je m'informe un peu pour apprendre que les Jeepneys n'empruntent pas la route inverse et qu'il en côute 300 pesos pour redescendre en tricycle.

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Je me décide alors de m'essayer au stop, me dirigeant vers Talisay à nouveau. À première vue le stop ici c'est un peu mort, même quand les voitures sont vides. Du coup je refais presque 8 km, dont une partie en descente, jusqu'à la limite de la ville de Talisay. J'ai la chance d'avoir de beaux points de vue pendant cette descente au soleil couchant.

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J'attrape un Jeepney pour quelques centaines de mètres puis trouve un jeune qui me propose de m'emmener à Talisay, à la station de départ des Jeepneys, pour 100 pesos, sur son scooter. Ça me permet de me rafraîchir un peu. Le jeune est précautionneux dans sa conduite et quelques minutes plus tard me voilà à nouveau dans un Jeepney direction Tanauan, à côté de Santo Tomas.

C'est un peu la "rush hour", l'heure de pointe, et ça avance guère vite. J'arrive quand même à destination après avoir sauté dans un nouveau Jeepney qui me dépose à l'entrée de LISP3. Un tricycle électrique ne tarde pas à s'avancer et je suis quelques minutes plus tard chez Phil et Alan.

Il pensaient aller dîner en ville. Après s'être occupés de leur véhicules et batteries et que je me sois douché on part en ville à la recherche d'un de leurs restaurants favoris qui soient ouverts. Malheureusement la plupart sont déjà fermés à 21h15 et nous devons en essayer un nouveau où il y a un karaoké. Nous on s'installe à l'intérieur et on commande deux assiettes de viande de chèvre cuisinés différemment, du riz, et un seau avec deux bières chacun.

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Alan et Phil bloquent sur l'aquarium de 400L avec un gros poisson dedans attendant qu'il gobe enfin un des petits poissons jaunes à sa merci, ils seront récompensés avant la fin de la soirée. On prend notre temps buvant nos bières à notre aise puis on retourne à la maison vers 23h. 

Mon horloge biologique est un peu décalée et je mets peu de temps à sombrer allongé sur le canapé, à même le cuir, pendant que mes hôtes s'activent avec leurs batteries.

05 février 2017

Petite randonnée au pied du Mont Makiling avec Phil et sa copine.

Dimanche 5 Février :
Je lève le nez assez tôt lorsque les chauffeurs de e-trikes viennent pour commencer leur service vers 5h30. C'est Phil qui s'occupe d'eux puisque on est le week-end. Je me lève un peu plus tard et déjeuner avec lui. Il se met ensuite à la préparation de ses fruits pour ses smoothies et les réparti dans des conteneurs en plastique pour les congeler.

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Pendant ce temps moi je lui fais la vaisselle qui traînait dans l'évier puis fait une petite lessive avec ma serviette, mon t-shirt à manches longues et mon pantacourt. Ensuite ils ont un moment de maintenance de leurs batteries et véhicules pendant lequel je me prépare pour le trek sur le mont Mailing (1141m d'altitude). J'ai même mis mon harnais avec la caméra fixée dessus, au milieu de mon abdomen. Je fais un petit essai pour voir ce que ça donne, c'est pas mal et ça tremble pas tant que ça.

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On fini par décoller un peu avant 10h. Près du portail on retrouve Eivan, la petite amie Philippine de Phil. Après quelques emplettes, on prend un premier Jeepney vers Calamba, une ville sur la lagune de Bay.

On descend près d'un immense mall - centre commercial, à l'Américaine - dont on fait le tour pour rejoindre une autre rue. On achète quelques pâtisseries pour la route et on saute dans un second Jeepney pour Los Banos, autre ville de la lagune où il y a des sources chaudes.

On en descend pour attendre un autre qui monte vers l'Université et le début du sentier balisé qui monte sur le mont Makiling. On boit un vrai jus de buko - noix de coco - avec la pulpe, délicieusement sucré et rafraîchissant.

On attrape donc le dernier Jeepney qui nous mène jusqu'à la piste...et là c'est le drame : il y a un horaire limite pour entamer la randonnée de 4h et 8 km jusqu'au sommet, et celui-ci est 9h du matin ! Il est déjà midi et on ne peut plus que partir pour 4 km assez faciles.

Et encore, c'est ce qu'on croyait puisqu'au moment de régler le droit d'entrée, voilà qu'on nous demande à tous une pièce d'identité, bref c'est définitivement mort. Phil est désolé car il pensait pas que c'était du compliqué car lui avait fait l'ascension plus difficile, par l'autre côté et il n'y avait pas toutes ces règles à respecter.

On repart la queue entre les jambes et on marche dans cet agréable campus universitaire. Nous repérons le jardin botanique et décidons de nous y rendre puisqu'ici pas besoin de pièce d'identité et une entrée modique de 20 pesos.

On avance jusqu'à une petite aire de pique-nique en contrebas et on s'installe un moment pour déjeuner. Des familles sont là aussi, après la messe, pour déjeuner à l'ombre des grands arbres. La plupart d'entre eux ont été plantés depuis 1963, par les diverses promotions d'élèves de l'école forestière.

On marche un peu le long d'une route goudronnée le long de laquelle sont recensées les espèces d'arbres et arbustes contenant philipinensis ou un nom d'île dans leur nom latin. On y découvre certaines espèces qui ne sont endémiques que d'une seule île des Philippines par exemple.

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Un peu plus bas près de la rivière on peut voir une planche montrant les diverses espèces d'oiseaux présentes dans le parc. On aura d'ailleurs l'occasion d'en voir un, le "Grey Wagtail", un genre de mésange à queue longue, en revenant sur cette même route.

On verra aussi une jolie araignée, sur sa toile, avec un corps à la forme un peu trapézoïdale, noir à points jaunes, minute de deux longues antennes. Sur cet ecotrail, chemin naturel, qu'on a pris, la balade devient un peu plus sportive avec un peu plus de dénivelé et des racines d'arbres et de la boue bien glissante. On est plutôt heureux, au moins on aura pu rabaler un peu même si ce n'est que sur quelques kilomètres.

On rencontre un couple d'Indiens de Bangalore, avec ses trois enfants dont deux petites jumelles bi-zigotes - fausses jumelles - mais qui à nos yeux, et au vu de leurs vêtements identiques, ressemblent vraiment à des vraies. Les gamins ont suivi leurs parents dans cette randonnée difficile et semble bien fatigués, prêts pour dormir.

Un peu plus haut on croise un petit groupe de d'ornithologues, équipés de trépieds, de lunettes télescopiques et de plusieurs milliers d'euros de matériel photographique. On leur dit qu'on vient de voir un des oiseaux de la planche éducative en contrebas et il nous répondent d'un air hautain, "bin oui c'est la mésange à queue longue..." avant de retourner à leurs jumelles.

Vers l'entrée on fait un petit détour par une petite cascade et une piscine naturelle que fait la rivière en contrebas. Je fais quelques photos et on profite de la fraîcheur sous les frondaisons de ces grands arbres tropicaux.

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On ressort du parc vers 15h puis attrapons un Jeepney qui retourne à Los Banos. On fait une pause déjeuner dans un Inasal, une franchise philippine de fast Food autour du poulet inasal. La petite randonnée nous a creusé l'appétit. C'est finalement assez appétissant et assez bon marché, un plateau complet - riz, nouilles sautées, deux petits lumpias, nems Philippins, et la fameuse brochette de poulet inasal - avec une boisson pour à peine plus de 3€.

On chope ensuite un deuxième Jeepney pour Calamba, juste à l'inverse de ce matin. On met un peu plus de temps à trouver le dernier Jeepney qui nous mènera jusqu'à l'entrée du parc résidentiel LISP3. Eivan descend juste un peu avant nous et je la salue en lui disant que j'ai été ravi de la rencontrer.

On arrive de nuit avec l'e-trike devant la maison de Phil et Alan. Je passe un bon moment à écrire les deux derniers jours du blog puis emprunte un peu leur connexion internet pour les poster. Je regarde un peu le site de couchsurfing pour Baguio et envoie deux demandes en dernière minute au cas où.

Phil va se coucher un peu avant 22h et moi je traîne pas non plus beaucoup plus et vais me coucher après avoir dévoré mes deux Siopao dont un à l'Ube, un genre de patate douce violette qui donne une couleur vive à toutes les pâtisseries et autres plats où elle est utilisée. J'ai les yeux qui piquent, je vais me coucher vers 22h30 du sommeil du juste.

06 février 2017

Du Sud au Nord de l'île de Luzon : de Santo Tomas chez Phil à Baguio station climatique

Lundi 6 Février :
Lever vers 7h45, j'ai dormi plus que je ne pensais. Je me prépare pour partir et quand je sors de la douche je me rends compte qu'il n'est que 7h30, le chauffeur ce matin m'a trompé lorsque il a annoncé l'heure.

Du coup j'ai le temps de partager le petit déjeuner avec Phil et Alan. Phil prépare des oeufs brouillés, du riz et du thon asado, ainsi qu'un de ses smoothies. On discute un bon moment et je me fais expliquer un peu mieux où me poster pour prendre les bus directs vers Manille. Je dois passer sous le pont de la voie rapide puis le mettre près de la bretelle que les bus directs emprunteront.

Je les salue et les remercie pour leur accueil en leur souhaitant bonne chance pour le développement de leur business d'e-trikes. J'en prends un jusqu'au portail, achète une paire de beignets de bananes car elle n'a pas de ceux à la patate douce ce matin. Je me pose un peu plus loin et vois passer des bus pendant un moment en fait car tous sont pleins à craquer, avec une dizaine de gens debout dans l'allée centrale.

Un jeune me conseille de prendre un bus pour Cubao plutôt que Pasay et je suis son conseil et embarque dans un bus une petite heure après mon arrivée au bord de la route. Je dois rester debout quasiment tout le trajet mais on est vite dans Manille, à vitesse réduite car le trafic est intense.

On nous débarque près de la gare routière de Cubao depuis laquelle on peut rejoindre un boulevard d'où d'autres compagnies de bus partent vers le Nord. J'attrape un shake de buko, noix de coco, et le sirote tout en marchant sur le trottoir au milieu d'un air peu respirable.

Je trouve assez facilement le départ des bus Victory Liner et achète un billet pour le prochain départ, non express, à 13h. Le tarif semble ne pas avoir changé depuis 2012 car je paye exactement le prix indiqué sur le Lonely planet. Je donne mon gros sac pour le mettre dans la soute puis vais m'acheter à manger. Je prends une petite assiette de Siomai, raviolis chinois à la viande de poulet servis avec des oignons frits et de la sauce soja.

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Je me pose dans la zone d'attente et déjeune tranquillement. J'ai pris un donut au chocolat en dessert. Je vais me débarbouiller avant de partir et vais m'installer à une place libre dans le bus. Il n'est pas plein pour le moment. Nous partons à l'heure juste et prenons quand-même un bout de voie rapide au début.

Je passe un petit moment à poster un de mes billets du blog en utilisant mes données mobiles, puis regarde mes messages et me rends compte qu'un des couchsurfers à qui j'avais envoyé une demande m'a répondu qu'il peut m'héberger ce soir. Je le contacte sur son portable et lui dis à ce soir. J'essaie de sommeiller un peu et ai vite froid avec la climatisation qui met la température du bus entier dans les 15°C.

Du coup à la faveur d'un des deux arrêts de 20 minutes pour la pause pipi ou que certains de restaurent, j'enfile ma veste qui de toutes façons me servira une fois arrivé puisque Baguio est à 1141 m d'altitude.

Le trajet dure finalement sept heures avec les arrêts et j'arrive sous une petite bruine à Baguio, avec une température à peine à 20°C. J'envoie un message à Tom, mon couchsurfer de ce soir, qui me dit qu'il a fini de bosser et qu'il peut me récupérer. Je l'attends devant un restaurant mongol et il me récupère avec un de ses amis qui possède un 4x4.

Ils sortaient de la salle de gym et m'ont proposé d'aller dîner dans un resto coréen. Quand on arrive là-bas on nous dit que c'est déjà fermé. On trouve du coup un resto philippin, juste à côté d'un japonais et d'une pizzeria. Baguio est connue pour être une ville de gastronomie et la diversité que j'ai pu voir en peu de temps me le confirme.

Le restaurant est vraiment sympa, avec une atmosphère détendue et dans un style local de maison en bois. Je commande un plat de riz avec des légumes et du Lechon - le plat national Phillipin, du porcelet rôti - et une bière San Miguel Light aromatisée au citron. Les gars ont aussi pris d'autres légumes cuisinés à la poitrine de porc et un curry de porc au lait de coco.

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On déguste ces divers mets, très savoureux, tout en discutant. J'apprends que Tom est anglais d'une mère philippine et qu'il est ici pour s'occuper des propriétés et maisons que possèdent sa mère. Il a vécu aussi un an au Qatar et m'a raconté un peu comment ça s'était passé.

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On repart vers 22h30 et on va chez lui. C'est donc une belle et grande villa achetée et rénovée par sa mère dans le début des années 90's. C'est immense et le sol est en marbre. Il me montre la chambre et me paye un bon thé au gingembre, Twinings bien sûr, avec des butter cookies.

On discute encore un peu puis tout le monde va se coucher vers 23h30. Je remonte la couverture sur les épaules car ici les températures nocturnes sont beaucoup plus faibles que dans la plaine.

07 février 2017

Petite visite de Baguio puis cap sur Sagada, en bus dans la Cordilière Centrale de Luzon

Mardi 7 Février :
J'ai eu en effet un peu froid en fin de nuit Et je me suis réveillé assez tôt, avant le réveil. Je me suis vraiment levé que vers 7h30. J'ai d'abord jeté un coup d'œil à la fenêtre pour voir le magnifique paysage tout en collines qui s'offre à moi depuis le balcon. Je prends une petite de photos et descends au rez de chaussée.

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J'y retrouve vite fait le collègue de Tom qui dort ici. Il m'explique que si je veux prendre une douche chaude il faut que j'utilise celle du rez de chaussée. Je le remercie et m'y précipite avant que Tom ne se lève.

Je profite de cette douche chaude agréable malgré qu'elle n'aie peu de pression et utilise le brau pour finir de rincer mon dos, qui pèle toujours, avec un peu plus d'ardeur. Je vais ensuite préparer mes affaires afin d'être prêt à partir à tout moment.

Je fais chauffer de l'eau et me fais un thé au gingembre et pique une tranche de pain de mie pour goûter à l'almond butter, le beurre d'amande, fait à 99,5% d'amandes grillées et moulues et d'un peu de sucre roux. C'est très bon, ça me rappelle ce que j'avais goûté au Maroc avec de l'huile d'argan. Je finis la tranche avec du beurre de cacahuètes et allume la tablette pour écrire mon blog.

J'ai presque fini quand Tom se lève, vers 9h30. Il doit recevoir ce matin un autre employé de sa mère qui gère entre autres des propriétés qu'ils ont à Gibraltar. Je discute encore un peu avec lui puis le quitte en le remerciant grandement de cet accueil chaleureux. Je monte une côte bien raide jusqu'à la route principale.

Une fois sur cette rue, je passe à un distributeur car c'est plus facile de trouver du DAB qu'un bureau de change ici. J'en prends assez pour finir la semaine et arrête un taxi pour rejoindre le centre ville et plus particulièrement le temple bouddhiste de la ville, perché sur une des collines près de l'hôpital et de l'Université.

Je suis étonné par la densité du trafic et au un peu de temps pour discuter avec le chauffeur, ma foi agréable, qui m'a même offert un gâteau de riz, fait maison par sa compagne, léger et délicieux. Il me dépose devant l'entrée du temple et je franchis le portail gardé en même temps qu'une jeune étudiante.

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Je me lance donc à la visite de ce temple qui se trouve en contrebas du bâtiment principal. Il est en extérieur et domine le reste de la ville. On peut voir le marché plus bas et plusieurs bâtiments de l'Université. Le Bouddha est en tailleur et fait environ 6 mètres de haut. Il a la swastika à l'envers, signe de chance dans la mythologie en Asie, très présent en Inde par exemple.

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Il y a un petit bassin en dessous avec de jolis petits bonzes en granit, le visage souriant. L'endroit respire la quiétude et semble à des kilomètres de tout le trafic et de l'agitation de la ville à des pieds. En remontant dans la salle par laquelle je suis arrivé je demande s'il y a une boîte pour les donations car je veux brûler un bâtonnet d'encens. Le garde me dit qu'il n'y en a pas mais me prête un briquet pour en allumer un et je le place dans la marmite en faisant une petite prière.

Lorsque je repars à pied je vais jusqu'à l'entrée du musée au sein de l'Université mais ils viennent de commencer leur pause déjeuner. Je demande la direction de la gare routière de Dangwa pour les bus en direction de Sagada. Un monsieur bien sympathique m'accompagne jusque là-bas. Je prends mon billet - j'ai eu le nez car le dernier part à 13h - et laisse mon sac à dos pour le mettre dans la soute du bus.

Je repars vers le marché car j'ai presque 40 minutes avant qu'il ne s'en aille. Je le traverse et peux observer des montagnes de fraises, spécialité locale en début de récolte. Je prends quelques pâtisseries et une petite barquette de fraises puis prends plus loin une assiette de 5 sardines fumées pour juste 30 pesos.

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Je remonte juste à temps et ai encore la possibilité d'acheter, au restaurant attenant à la gare routière, une portion de riz frit. Je me pose dans le fond du bus et prépare mon déjeuner, extrayant les filets de deux sardines. Je me fais un vrai festin tout en regardant les dernières maisons de Baguio disparaître et commence à voir de beaux points de vue sur la Cordilière.

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La vitesse est faible bien évidemment puisque nous ne sommes pas les seuls à emprunter la fameuse Haselma Highway. De nombreux camions chargés à bloc de sacs libérant une odeur proche de la pâte de crevettes, sont devant nous et nous les dépassons lorsque on a un peu de vue dégagée.

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Le trajet est chaotique mais la vue époustouflante à chaque virage. Je passe d'ailleurs un bon moment, fenêtre ouverte, à prendre des vidéos et des photos. Plus nous avançons, plus nous rencontrons des cultures en terrasse, où les ingénieux locaux produisent à peu près tout ce qui se retrouve au marché ou dans notre assiette sur des plate-formes les unes au dessus des autres. Des millions de choux verts et de laitues en cornet, dont certains qu'on croise, assemblés en pyramide sur les toits des jeepneys.

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Le bus fait une paire de pauses et entre les deux je sommeille un peu. On passe dans un village la rivière Chico, une des principale coulant dans ces vallées, presque à guet, le pont existant ayant disparu et ayant été remplacé par une digue. On arrive après seulement 5h30 de trajet, vers 18h30.

Je me complique pas la vie pour l'hébergement et vais dans la première guesthouse que je trouve, la Ganduyan Inn. La chambre à 700 pesos est une double avec eau chaude qui m'a l'air confortable. Je demande une couverture de plus pour la nuit que la jeune employée me donne.

Je pose mes affaires et descends en ville pour voir un peu les autres hébergements et trouver du riz pour accompagner mes sardines ce soir. Je rencontre des jeunes dans la descente avec qui je discute un petit moment. Ils sont en voiture de location et auront en tout voyagé un mois aux Philippines, après avoir été en Inde, en Birmanie et au Vietnam, pour trois mois en tout.

On parle en anglais mais j'apprends un peu plus tard que Faustine est parisienne et Adam britannique. Ils ne m'avaient pas non plus reconnu comme étant français. Ils m'expliquent qu'ils étaient à Kagayan la nuit précédente et que là-bas il y avait un seul lodge et pas de boutiques alors qu'ici il y a pléthore de guesthouses et plein de boutiques de souvenirs. Ils me disent aussi que les patrons du lodge où ils étaient ont aussi un lodge en face de là où ils logent.

Je les quitte et vais à la rencontre de la patronne du Pinewood Lodge juste en face. Ici, dans un magnifique chalet en pin, des chambres de taille correcte, avec eau chaude, ne sont qu'à 300 pesos. Je suis vraiment déçu de ne pas être venu ici dès le début, j'aurais économisé 400 pesos. Je lui réserve et lui paye la chambre pour la nuit suivante et lui commande aussi le petit déjeuner comme ça je n'aurai pas à y penser avant de prendre le jeepney pour Bontoc.

En remontant vers mon hôtel je trouve un petit stand de brochettes où je peux acheter du riz. Une fois à la guesthouse je m'installe dans la salle au rez de chaussée et demande une assiette et des couverts à la patronne. Je prépare mes filets de sardines et mange de bon appétit.

Je finis par le gâteau de riz à l'ube - cette fameuse patate douce violette - et le reste de mes fraises que la jeune employée me rince.
Je profite du wifi fonctionnel pour préparer un nouveau billet du blog et regarder mes messages.

Je remonte à la chambre et finis de rédiger le billet et vais le poster depuis les escaliers car ça passe pas dans la chambre.
Je vais au lit assez tôt mais je ne trouve pas le sommeil tout de suite. Je m'endors au chaud sous les couvertures en polaire vers 23h.

08 février 2017

Loooongue randonnée autour de Sagada

Mercredi 8 Février :
Lever pile au réveil, ça faisait longtemps. Après une longue et agréable douche chaude je plie mes affaires et descends dans la salle de l'accueil. Je prends un café, machine pas instantané, et vais me chercher une petite brochette de boules de riz gluant sucré pour accompagner le café.

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Je reste un bon moment en sirotant mon café tout en utilisant l'Internet pour envoyer de nouvelles demandes en couchsurfing car les dernières se sont trouvées sans suite. Je descends ensuite à l'Office de tourisme pour payer la taxe environnementale. Je descends jusqu'au Pinewood Lodge où ma chambre prête n'attend que moi.

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J'y pose mon gros sac, prends ma clé et pars me balader dans Demang, le bourg originel de Sagada, empruntant des petits chemins en béton pour rejoindre de belles rizières. Je mets mon turban sur la tête et la veste autour de la taille car le ciel jusque là couvert de brume s'est bien éclairci. C'est parfait pour prendre des photos.

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Je remonte ensuite vers le haut de la ville et continue vers Bontoc pour rejoindre un chemin qui monte au Mont Kiltepan, 1636m d'altitude. Je lance mon application Endomondo sur la tablette pour garder une trace de ma journée de randonnée. Il me faudra donc rajouter environ 2,8, km et 100m de dénivelé positif à mon total en fin de journée.

Je suis tout seul à monter là-haut et je ne regrette pas cette ascension car la vue sur des rizières en terrasse au fond de la vallée vaut le détour. Le petit bar en haut de la colline est fermé et c'est bien dommage, je me serai bien posé cinq minutes avec un thé glacé.

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Je redescends et m'arrête à l'heure du déjeuner dans un restaurant guesthouse qui sert de magnifiques burgers entièrement locaux à base de bœuf Angus. C'est surtout la pancarte le long de la route qui m'a attiré.

Je me pose à l'intérieur et commande donc un cheeseburger et une glace au yaourt maison parsemée de myrtilles. Le burger est l'un des meilleurs que j'ai mangé, meilleur que ceux goûtés aux USA, juste derrière ceux à la vache Aubrac de mes amis Baptiste et Maggy de Lauz'oustal à Montrodat ( https://www.lauzoustal48.fr ).Le steak est haché sur place et cette race de bœuf est savoureuse et bien saisie en plus.

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La glace aussi est très bonne, c'est une expérience en soit car c'est ni du yaourt, ni de la glace, c'est entre les deux. Je repars ensuite et rejoins le début du sentier qui part dans Echo Valley, bien caché, dans un virage. Je ne dois normalement pas l'emprunter dans ce sens car on doit normalement louer les services d'un guide, dans l'autre sens, depuis l'église.

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Le sentier est accidenté et quelque peu glissant avec un peu d'escalade à certains endroits, plus faciles dans l'autre sens. On passe par un bout de rivière souterraine au bord de laquelle ont été entassés des centaines de Cairns, ces formations en galets censés marquer les chemins de randonnée.

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Le chemin longe pendant un moment là rivière, asséchée par endroits, puis remonte vers Echo Valley de manière un peu plus abrupte. On passe près des hanging coffins, cercueils suspendus, tradition locale. Je croise de nombreux groupes mais personne ne m'interpelle au sujet du fait que j'étais sans guide et dans le mauvais sens.

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Après une dernière ascension bien raide via des escaliers en béton j'arrive au niveau du cimetière que l'on traverse avant d'arriver à l'église. Elle possède un magnifique Christ sur la croix en bois massif de production locale, laqué. Il y comme une mise en scène, à l'arrière, qui a été faite avec de la pierre calcaire brune et des bouquets de fleurs.

Je rejoins maintenant la route principale sans avoir été une fois embêté au sujet des guides et fais une pause à mon hôtel d'hier soir, le Ganduyan Inn, pour boire un café glacé. l'Internet ne marche plus, c'est dommage car je voulais voir où en étaient les demandes de couchsurfing.

Je reprends la marche et me dirige vers le lac Danum, sur la route de Besao. Une bonne grimpette par la route avec 200m de dénivelé positif sur 4km. Je surveille mon kilométrage avec la petite voix d'endomondo qui m'annonce à chaque fois que je fais un kilomètre. Je ne vois pas de lac et continue à travers une belle forêt dense de pins de Benguet, variété endémique de la Cordilière, descendant vers Besao.

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J'arrive à Besao vers 16h et prends une boisson pour étancher un peu ma soif puis continue sur une petite route qui a plusieurs points de vue sur des jolies rizières en terrasse. Il faut bien plus beau et plus chaud de ce côté de la montagne et mon turban fait son job. Je ne regrette pas cette balade de quelques kilomètres car les points de vue en valent vraiment la peine.

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En revenant je m'arrête un petit moment à l'ombre à discuter avec une grappe de mamies bien installées à l'abri de la chaleur. Je les prends en photo et elles m souhaitent bonne chance pour mon retour sur Sagada. Un peu plus tard, alors qu'un des rares véhicules circulant dans la bonne direction s'arrête, je leur demande s'ils vont à Sagada. Ils vont en fait jusqu'à Bontoc du coup c'est sur leur route.

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J'ai donc la chance de faire tout ce dénivelé positif en voiture et discute un peu avec la jeune femme assise avec moi à l'arrière. Je lui explique que je n'ai pas trouvé l'entrée du lac Danum à l'aller et que c'est pour cette raison que j'avais fini à Besao. Elle me dit qu'elle peut m'y déposer comme ça j'irai voir le coucher du soleil avec d'autres touristes venus en van pour la même raison.

Je vois le petit lac puis je comprends que ce n'est pas sur le lac que se regarde le coucher du soleil mais sur la petite colline au dessus. Je m'y installe avec une grosse dizaine de personnes et attends que l'astre solaire veille bien se montrer. Il est en effet dans les nuages, juste au dessus des montagnes, et on ne l'apercevra qu'un peu au dessus mais pas sur l'horizon.

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Je repars donc vers Sagada et parcours une grande partie de la descente dans l'obscurité, aidé quelque peu par le clair de Lune pas encore masqué par le brouillard. J'arrête mon application Endomondo après 24,2 km et 5h45 de marche auxquels il faut rajouter 2,8km et 50 min de ce matin avant que je lance mon appli soit un total de 27km en 6h35 et près de 700m de dénivelé positif, ça faisait bien longtemps que j'avais pas autant randonné en une seule journée.

Je regarde un peu dans les restos pour savoir où je vais dîner puis rentre au Pinewood Lodge pour poser les affaires, retirer mon turban et me débarbouiller le visage. Je remonte ensuite la côte et m'arrête dans un premier restaurant où je ne bois qu'une Sans Miguel tout en rédigeant mon blog.

Un peu plus haut dans la rue je m'arrête enfin pour dîner, dans l'un des seuls restos encore ouvert. Il est tenu par des petits jeunes et propose entre autres du poisson frit, du poulet frit et une recette locale de bœuf au gingembre et à l'ail, que je prends, accompagné du riz rouge aussi local et d'un petit bouillon. J'arrose ça avec une bière Cervesa Negra, une brune brassée par San Miguel. L'accord met - bière est idéal et le bœuf excellent, ou "masarap" délicieux.

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Je rentre à ma chambre vers 21h30 et continue d'écrire un peu avant de me mettre au lit assez tôt, un peu avant 22h. Je m'endors assez vite mais doit lutter contre des musiques dont je ne sais d'où ils sortent car j'ai fermé toutes les fenêtres.

09 février 2017

De Sagada à Banaue : découverte des rizières en terrasse en tricycle

Jeudi 9 Février :
Après une nuit un peu agitée à cause de la chasse aux moustiques et beaucoup de temps passé caché sous ma couverture polaire, je me lève à 7h et essaie de repérer Ivy, la patronne. Elle revient un peu plus tard du marché les bras chargés de dizaines d'oeufs.

Elle me prépare le petit déjeuner le temps que je me douche et que je fasse mon sac. J'avais demandé un petit déjeuner philippin et j'ai donc une belle assiette avec un œuf au plat, du riz rouge, et de la longanisa - saucisse de porc légèrement sucrée avec oignons et ail - faite maison, ainsi qu'un thé. Je me régale vraiment.

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Il est temps que je m'en aille car il me faut attraper un jeepney pour Bontoc au plus vite si je veux arriver à rejoindre Banaue dans la matinée. Je me prends quelques sucreries au riz gluant au marché et monte dans l'engin. J'y retrouve un des jeunes du resto d'hier soir qui s'en va sur Manille. Le jeepney part seulement vers 8h30 lorsqu'il est plein et nous arrivons trop tard pour le troisième et dernier bus à destination de Banaue.

Je vais voir avec le jeune au terminal des vans mais là aussi un tout plein vient de partir. Décidément ce matin j'ai tout loupé de quelques minutes. Je me pose dans un café à côté et bois un café barako et un jus de fruits. Un peu plus tard je retourne vérifier si le Jeepney de Banaue s'est un peu rempli et il n'y manque plus que trois personnes.

Je vais chercher mon gros sac et m'installe dans le véhicule avec d'autres touristes venus de Sagada après moi. Se rajoute un couple d'allemands et une jeune femme voyageuse solo ainsi qu'une locale et un autre gars. On peut donc partir, un peu après 10h40.

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Le trajet passe par une route de montagne depuis laquelle on a quelques opportunités de voir et de photographier des rizières en terrasse. Je ne vois pas de panneau pour l'altitude mais je pense qu'on passe à plus de 1500m. On peut le sentir surtout lors d'un arrêt proche d'un col que nous avons franchi où il fait presque froid. Je passe une bonne partie du trajet à rédiger mon blog et ne vois pas passer le temps.

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On arrive en un peu moins de 2h de trajet vers 12h30. Le Jeepney s'arrête en face de l'Office de tourisme où l'on doit régler une taxe environnementale de 50 pesos, faite pour la conservation du patrimoine. Je m'inscris en même temps qu'un italien, Giovanni, avec qui je discute un peu, heureux de pouvoir pratiquer mon italien. Je prends ensuite les escaliers et rejoins la route d'en dessous pour aller voir le guesthouse dans laquelle Giovanni réside, le Uyami Greenview Hotel.

La chambre simple avec salle de bains partagée est à seulement 250 pesos, parfait pour moi. Je pose mes affaires et monte au restaurant pour déjeuner. Je commande une soupe Greenview, avec nouilles, poulet, carottes, haricots. Ça me cale pour le reste de la journée car il y en a un plein saladier.

Je discute un peu avec d'autres touristes dont un couple de jeunes Suisses Allemands qui voyage pour près d'un an en Asie. Ils me disent que les rizières d'Hapao sont plus vertes que celles de Batad et que c'est une belle balade à faire. Une jeune fille voyageuse solo me parle pour sa part du bus de nuit de la compagnie Florida, un bus deluxe, pour Manille qui a l'avantage de partir à 20h et d'arriver à Cubao, plus central, et vers 6h du matin.

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Riche de ce bon conseil, une fois terminé mon repas, je me dirige en tricycle vers le terminal des bus de Dangwa. J'achète donc mon billet pour Manille, de nuit, pour 530 pesos et monte à pied la côte. Je demande mon chemin à un monsieur buvant un café sur le balcon d'un restaurant guesthouse. Je lui demande si c'est la direction des rizières d'Hapao. Il me répond que non mais qu'il peut m'y amener avec son tricycle. Il m'invite à monter voir sa fiche tarifaire et me donne son avis sur les diverses excursions.

Après mûre réflexion je décide d'aller voir les rizières en terrasse de Bangaan, inscrites au patrimoine de l'humanité même si le temps est toujours très couvert. Mon chauffeur s'appelle José, et nous embarquons dans son vieux tricycle propulsé par une vieille Rusi 175, la marque low-cost chinoise la plus vendue aux Philippines.

On fait donc le trajet jusqu'à Bangaan, un village entouré de rizières en terrasse. La particularité de ces rizières inscrites au patrimoine de l'humanité c'est qu'elles ont été bâties ainsi, avec des murs en pierre pour les soutenir, il y a près de 2000 ans par les ancêtres des actuels Ifugaos, l'ethnie locale.

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Après quelques minutes de prise de photos, j'ai même la chance d'avoir trois minutes de percée du soleil à travers les nuages, ce qui donne lieu à une autre salve de photos.

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Vu le temps et vu le peu que ça me coûte en plus, je décide de quand-même rejoindre Batad, de l'autre côté de la colline ce qui amène mon total d'aujourd'hui à seulement 1100 pesos, là où les sorties de l'Office de tourisme m'auraient coûté plus du double. On revient donc à la Batad Junction, la pâte d'oie d'où part la route pour Batad.

Comme ça monte sévère, José me demande d'allonger les bras vers l'avant et d'avancer mon corps pour une meilleure répartition du poids. On arrive au col en passant une seule fois la première. De là on descend encore plus fort, évitant tous les glissements de terrain laissés ainsi plutôt que de les nettoyer. On arrive là où la route s'arrête et je descends et me fais accompagner par un jeune jusqu'au point de vue.

On suit un petit sentier qui mène au village, le même par lequel tous les habitants passent pour aller chez eux ou se ravitailler. Le point de vue est la terrasse d'un petit café duquel on peut apercevoir tout l'amphithéâtre naturel composé par les rizières en terrasse. L'endroit est d'une quiétude exceptionnelle et mis à part mon guide et moi et les patrons du café, il y a juste un couple d'allemands à la retraite qui a passé la nuit ici.

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Je discute un peu avec eux et leur donne quelques conseils pour la visite des îles puisqu'ils se rendent dans le sud après Banaue. Je leur conseille aussi le bus de 20h de demain qui arrive à Manille à la gare de Cubao qui est plus centrale et dans une zone moins craignos que Sampaloc. Je prends plein de photos et profite de ce moment de calme avant de retrouver le boucan de notre tricycle.

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En revenant vers la route je discute un peu avec mon jeune guide qui est en fait étudiant en agriculture, spécialité maraîchage, dans sa deuxième année sur quatre. Son école possède des serres dans lesquelles ils produisent qu'en bio. Je lui pose la question qui me brulait les lèvres, les légumes qu'on trouve au marché sont-ils sains ou avec des pesticides. Il me répond que la plupart des gens qui vendent sur le marché n'ont pas les moyens de se payer des produits phytosanitaires et que du coup c'est quasiment que du bio.

On repart avec José vers la ville, de nuit, avec une nouvelle position assise dans le tricycle, cul près de la moto pour la première partie très raide. On arrive à Banaue et il me pose à mon hôtel. Je lui dis à demain et retrouve mon collègue italien Giovanni dans la salle de restaurant. Je m'installe avec lui et on discute une bonne partie de la soirée.

J'apprends qu'il a quitté l'Italie il y a près de 12 ans pour partir travailler aux Pays-Bas et qu'il n'y retourne que peu souvent. Il est originaire de Rome au départ. Il me dit être impressionné par mon niveau d'italien, surtout 15 ans après avoir quitté le pays. Je lui explique que j'avais du m'adapter assez rapidement car personne ne parlait français dans l'entreprise où je travaillais à San Remo.

Je le quitte un instant pour aller un peu plus haut dans la rue me chercher à manger. J'attape un siopao et quatre siomai dans une petite cantine plus haut dans la rue tenue par une petite mamie qui parle bien anglais. De retour au restaurant je commande un riz à l'ail pour accompagner tout ça.

Un peu plus tard Giovanni va se coucher et je vais un peu à l'extérieur pour finir la bière. Il s'est mis à pleuvoir un peu. Devant la petite épicerie attenante je discute un moment avec des petits jeunes qui boivent aussi. Ils se présentent tous et on parle un peu tourisme, accueil philippin, et autres. Il y a aussi un jeune guide, même pas la vingtaine, et qui a quelques notions de français.

Un des jeunes me propose de chiquer avec lui de la noix de bétel. Il me prépare la noix avec la feuille, une petite feuille de tabac et une poudre abrasive à base de coquilles. Ici ça s'appelle la momma. Je dois mettre l'ensemble dans la bouche et mastiquer pendant quelques minutes. Je ne dois pas déglutir mais cracher le surplus de salive qui rapidement, comme leurs dents, devient rouge.

La sensation est assez bizarre, un peu anesthésiante, avec une impression de chaleur dans la bouche. C'est très sec au début, le temps que les glandes salivaires s'activent, et relativement amer. Je mâche en va compagnie pendant une paire de minutes puis recrache l'ensemble. Je me rince la bouche avec le reste de bière et quitte mon jeune ami philippin.

Je vais à la salle d'eau pour bien me laver les dents et évacuer les derniers morceaux de noix. Je remonte ensuite à la salle de restaurant et écris mon blog. Je traîne encore un peu puis descends me coucher vers 23h.