Mardi 31 Janvier :

Je suis réveillé bien avant l'heure prévue à cause d'un trafic intense ici depuis presque 5h du matin. Le bruit de certains tricycles arrive à faire trembler les fenêtres et me réveillent à plusieurs reprises. Du coup vers 6h je file à la douche puis remets une couche de Biafine et de baume du tigre là où ça brûle encore.

Je marche à pied dans le boulevard et passe par un bureau de change pour changer 150€. Puis je m'arrête faire le plein de pâtisseries pour le petit déjeuner. Je prends un tricycle jusqu'au port et monte dans un bangka pour l'île de Sibuyan. Il ne part qu'à 9h normalement alors j'ai le temps pour m'installer. Il fait une petite averse pendant un moment. Les gars qui chargent le bateau - j'ai pu voir, dans le désordre, du contreplaqué, des sacs de 50 kg d'engrais, des palmes tressées pour les toits, de la ferraille, des tubercules, du riz et j'en passe - viennent continuer de remplir la cale.

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Je monte à l'étage au dessus, en escaladant et j'attends patiemment que l'on puisse enfin partir. J'en profite pour rédiger mon blog, hors-ligne, jusqu'à ce matin.

On démarre finalement vers 10h30, après le contrôle des gardes côtes, habillés couleur treillis avec un bob de la même couleur. Je suis assis sur des palmes tressées pour les toits. Il n'y a pas trop de vagues et la traversée est plutôt calme, le bangka avançant à vitesse modérée. Je suis au milieu de familles de Philippins, certains avec des enfants, qu'ils arrivent à faire dormir tant bien que mal au sol malgré la température.

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La traversée sur au final cinq heures et nous débarquons au port d'azgra, commune de San Fernando, un quai à trois kilomètres du village. Du coup je dois prendre un tricycle pour rejoindre le Sea Breeze Inn, le seul hôtel référencé sur le Lonely planet. Ce petit hôtel tout en bois et bambou est vraiment les pieds dans l'eau.

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C'est la maman de 85 ans qui m'accueille et me montre une paire de chambres. J'opte pour celle avec une meilleure literie malgré qu'elle n'aie pas sa propre salle de bains. Elle me fait un prix à 600 pesos par nuit pour deux nuits. Vu l'éloignement de tout et le calme ambiant sans quasiment aucun touristes, je pense que je vais aimer rester là deux jours.

Elle me donne quelques conseils pour les bateaux à destination de Masbate (le prochain est seulement vendredi) et Batangas où je dois rejoindre mon ami canadien Phil. Elle m'indique aussi un petit bar restaurant sur la plage à une cinquantaine de mètres. Je m'installe un moment en terrasse et vais saluer une cliente Polonaise, ma voisine de chambre.

Elle m'explique qu'ils ont loupé leur bateau pour Masbate ce matin car ils venaient en Jeepney depuis l'autre côté de la ville, et sont arrivés trop tard de vingt minutes. Du coup ils ont pris une chambre ici et partiront pour Roxas demain matin. Elle me montre un peu ses photos de ce qu'ils ont visité lorsqu'ils logeaient sur Magdiwang.

Je rencontre ensuite son compagnon Lukasz et nous discutions un peu plus. Je les abandonne un petit moment pour retourner à ma chambre puis les retrouve ensuite au bar restaurant lorsque je m'y rends pour manger quelque chose. Je suis pas très stable à cause du bateau qui a déréglé mon oreille interne, j'ai toujours l'impression de tanguer.

Je m'installe avec eux et commande un riz frit car c'est vraiment peu cher et ça me calera un peu le bide. Je teste aussi la bière aromatisée de chez San Miguel, au citron. Elles sont plus légères, seulement 3% d'alcool, et l'arôme est subtil sans trop de sucré non plus, vraiment rafraîchissant.

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On reste à discuter un bon moment, de sujets divers, et de mes conseils de voyages s'ils vont un jour au Vietnam ou en Malaisie. On fait une séance photo pour le coucher de soleil qui est mon premier du voyage et un de mes meilleurs depuis un moment. Il n'y avait pas de nuages sur la mer les beaucoup au dessus ce qui fait qu'ils reflètent la couleur orange, c'est magnifique.

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La nuit tombe vite et on a une petite coupure de courant qui dure finalement à peine cinq minutes. Il semble qu'au loin il y ait des éclairs et on entend une paire de fois le tonnerre. On se rend compte qu'il n'est même pas encore 20h mais nous rentrons quand même à l'hôtel au moment où le vent se levait.

On retrouve la mamie devant la télé et son fils attablé à l'arrière avec le couple de français partis en excursion sur l'îlot de Cresta de Gallo, un îlot sableux de sable blanc, au large, autour duquel ils ont fait du snorkeling avec leur propre équipement. Ils sont de l'île d'Oléron et au début de leur voyage visiblement, ils ont dit Manille et sont arrivés ici après Romblon pour connecter les autres îles en bateau jusqu'à Sirgao, à l'est de Mindanao, où ils veulent aller faire du surf.

Le fils de la petite mamie les a accompagné une partie de la journée et leur a préparé à manger du poisson frais qu'il a été acheter. Ils me disent de goûter au poisson volant - j'en avait vu pendant la traversée, volant sur plusieurs mètres avant de replonger - cru et mariné avec du citron (calamansi), du vinaigre, de l'ail et des oignons rouges. J'adore vraiment, c'est très fin avec une texture agréable en bouche.

Les Polonais vont se coucher quand il se met à pleuvoir puis les Français aussi et je me retrouve avec John, le fils de la tenancière, à boire du brandy, déjà léger en alcool, qu'ils coupent quand même avec de l'eau. Il me propose de me trimballer demain et je lui dis qu'avec mon coup de soleil je vais peut-être essayer de rester tranquille et de profiter du calme ambiant.

Il me propose de me cuisiner quelque chose demain soir et qu'il s'occupera d'aller faire le marché pour le dîner. Je reconnais bien là la légendaire hospitalité philippine, où pour la première fois dans un hôtel je suis traité comme un membre de la famille.

Il me raconte qu'il est divorcé et que sa femme et son fils de 21 ans sont au Canada. Il me demande ce que je veux faire par ici et dans le reste des Philippines et met une chaîne de cinéma lorsque sa mère va se coucher. On regarde deux morceaux de films dont un avec Dwayne Johnson, mais aussi Bob Thornton, un acteur que j'aime bien, puis un autre à l'eau de rose, si on peut dire, puisqu'il s'appelle Love Rosie.

Je l'abandonne vers 23h et vais me coucher tout de suite, sans réveil, espérant réussir à faire une grasse matinée.