Dimanche 5 Février :
Je lève le nez assez tôt lorsque les chauffeurs de e-trikes viennent pour commencer leur service vers 5h30. C'est Phil qui s'occupe d'eux puisque on est le week-end. Je me lève un peu plus tard et déjeuner avec lui. Il se met ensuite à la préparation de ses fruits pour ses smoothies et les réparti dans des conteneurs en plastique pour les congeler.

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Pendant ce temps moi je lui fais la vaisselle qui traînait dans l'évier puis fait une petite lessive avec ma serviette, mon t-shirt à manches longues et mon pantacourt. Ensuite ils ont un moment de maintenance de leurs batteries et véhicules pendant lequel je me prépare pour le trek sur le mont Mailing (1141m d'altitude). J'ai même mis mon harnais avec la caméra fixée dessus, au milieu de mon abdomen. Je fais un petit essai pour voir ce que ça donne, c'est pas mal et ça tremble pas tant que ça.

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On fini par décoller un peu avant 10h. Près du portail on retrouve Eivan, la petite amie Philippine de Phil. Après quelques emplettes, on prend un premier Jeepney vers Calamba, une ville sur la lagune de Bay.

On descend près d'un immense mall - centre commercial, à l'Américaine - dont on fait le tour pour rejoindre une autre rue. On achète quelques pâtisseries pour la route et on saute dans un second Jeepney pour Los Banos, autre ville de la lagune où il y a des sources chaudes.

On en descend pour attendre un autre qui monte vers l'Université et le début du sentier balisé qui monte sur le mont Makiling. On boit un vrai jus de buko - noix de coco - avec la pulpe, délicieusement sucré et rafraîchissant.

On attrape donc le dernier Jeepney qui nous mène jusqu'à la piste...et là c'est le drame : il y a un horaire limite pour entamer la randonnée de 4h et 8 km jusqu'au sommet, et celui-ci est 9h du matin ! Il est déjà midi et on ne peut plus que partir pour 4 km assez faciles.

Et encore, c'est ce qu'on croyait puisqu'au moment de régler le droit d'entrée, voilà qu'on nous demande à tous une pièce d'identité, bref c'est définitivement mort. Phil est désolé car il pensait pas que c'était du compliqué car lui avait fait l'ascension plus difficile, par l'autre côté et il n'y avait pas toutes ces règles à respecter.

On repart la queue entre les jambes et on marche dans cet agréable campus universitaire. Nous repérons le jardin botanique et décidons de nous y rendre puisqu'ici pas besoin de pièce d'identité et une entrée modique de 20 pesos.

On avance jusqu'à une petite aire de pique-nique en contrebas et on s'installe un moment pour déjeuner. Des familles sont là aussi, après la messe, pour déjeuner à l'ombre des grands arbres. La plupart d'entre eux ont été plantés depuis 1963, par les diverses promotions d'élèves de l'école forestière.

On marche un peu le long d'une route goudronnée le long de laquelle sont recensées les espèces d'arbres et arbustes contenant philipinensis ou un nom d'île dans leur nom latin. On y découvre certaines espèces qui ne sont endémiques que d'une seule île des Philippines par exemple.

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Un peu plus bas près de la rivière on peut voir une planche montrant les diverses espèces d'oiseaux présentes dans le parc. On aura d'ailleurs l'occasion d'en voir un, le "Grey Wagtail", un genre de mésange à queue longue, en revenant sur cette même route.

On verra aussi une jolie araignée, sur sa toile, avec un corps à la forme un peu trapézoïdale, noir à points jaunes, minute de deux longues antennes. Sur cet ecotrail, chemin naturel, qu'on a pris, la balade devient un peu plus sportive avec un peu plus de dénivelé et des racines d'arbres et de la boue bien glissante. On est plutôt heureux, au moins on aura pu rabaler un peu même si ce n'est que sur quelques kilomètres.

On rencontre un couple d'Indiens de Bangalore, avec ses trois enfants dont deux petites jumelles bi-zigotes - fausses jumelles - mais qui à nos yeux, et au vu de leurs vêtements identiques, ressemblent vraiment à des vraies. Les gamins ont suivi leurs parents dans cette randonnée difficile et semble bien fatigués, prêts pour dormir.

Un peu plus haut on croise un petit groupe de d'ornithologues, équipés de trépieds, de lunettes télescopiques et de plusieurs milliers d'euros de matériel photographique. On leur dit qu'on vient de voir un des oiseaux de la planche éducative en contrebas et il nous répondent d'un air hautain, "bin oui c'est la mésange à queue longue..." avant de retourner à leurs jumelles.

Vers l'entrée on fait un petit détour par une petite cascade et une piscine naturelle que fait la rivière en contrebas. Je fais quelques photos et on profite de la fraîcheur sous les frondaisons de ces grands arbres tropicaux.

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On ressort du parc vers 15h puis attrapons un Jeepney qui retourne à Los Banos. On fait une pause déjeuner dans un Inasal, une franchise philippine de fast Food autour du poulet inasal. La petite randonnée nous a creusé l'appétit. C'est finalement assez appétissant et assez bon marché, un plateau complet - riz, nouilles sautées, deux petits lumpias, nems Philippins, et la fameuse brochette de poulet inasal - avec une boisson pour à peine plus de 3€.

On chope ensuite un deuxième Jeepney pour Calamba, juste à l'inverse de ce matin. On met un peu plus de temps à trouver le dernier Jeepney qui nous mènera jusqu'à l'entrée du parc résidentiel LISP3. Eivan descend juste un peu avant nous et je la salue en lui disant que j'ai été ravi de la rencontrer.

On arrive de nuit avec l'e-trike devant la maison de Phil et Alan. Je passe un bon moment à écrire les deux derniers jours du blog puis emprunte un peu leur connexion internet pour les poster. Je regarde un peu le site de couchsurfing pour Baguio et envoie deux demandes en dernière minute au cas où.

Phil va se coucher un peu avant 22h et moi je traîne pas non plus beaucoup plus et vais me coucher après avoir dévoré mes deux Siopao dont un à l'Ube, un genre de patate douce violette qui donne une couleur vive à toutes les pâtisseries et autres plats où elle est utilisée. J'ai les yeux qui piquent, je vais me coucher vers 22h30 du sommeil du juste.